Pendant que la bataille urbaine fait rage avec de nouveaux modes de livraison express, les projets de robots porteurs de colis se multiplient pour servir des consommateurs connectés et toujours plus pressés. Le défi du dernier kilomètre devient le nerf de la guerre.

 

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« La réponse de Nuro au défi de la livraison urbaine » © Nuro

 

 

 

Avec l’explosion du e-commerce, la livraison express de plats et la nécessité d’optimiser les flux sur le dernier kilomètre, les coursiers sillonnent les grandes villes en tous sens. À pied, à vélo, en scooter, en vélo-cargo ou à bord de camionnettes, ils répondent à la demande croissante d’immédiateté des consommateurs.

 

Afin de proposer un service toujours plus rapide, plus personnalisé et moins coûteux, de nouveaux robots débarquent ! Déjà une dizaine de fabricants innovent et investissent sur ce créneau, aux Etats-Unis, en Israël et à Taiwan par exemple.

 

En Europe, Starship Technologies s’est associée à Mercedes pour concevoir le Robovan, base de chargement autonome et d’accueil de ses robots roulants. La start-up lyonnaise TwinswHeel veut créer un « droïde » à deux roues destiné à assister un humain dans une tournée de livraison pour de petites charges. Cet auxiliaire logistique est capable de franchir des trottoirs de 20 centimètres de haut. Présenté en janvier 2018 au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, il sera testé par Renault, Nissan, la SNCF et Siemens à des fins industrielles.

 

« L’invasion a commencé »

 

Lors du dernier CES, avec des moyens moins modestes, Toyota a présenté son concept e-Palette (magasins, restaurants, ou espaces de travail roulants autonomes) et l'Américain Robomart son épicerie mobile 100% électrique. Udelv, un nouvel acteur californien, teste une camionnette autonome à San Mateo, sur une boucle de plus de deux kilomètres. La start-up espère lancer ces prochains mois une dizaine de véhicules dans plusieurs états américains.

 

Une autre start-up de la Silicon Valley, Nuro, sortie de l’ombre fin janvier, vient de lever 92 millions de dollars pour s’engager sur la livraison de proximité autonome à propulsion électrique.

 

L’arrivée des navettes de distribution autonomes dans nos rues semble inéluctable. À Paris, près 100 000 mouvements de marchandises ont lieu quotidiennement, responsables de 40 % des émissions de polluants. Or d’ici à 5 ans, le nombre de colis sera multiplié par deux.

Faudra-t-il apprendre à partager les rues et les trottoirs avec des véhicules sans conducteur à l’allure insolite, ou prévoir des voies dédiées pour robots, comme les pistes cyclables ? La réponse est imminente.

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste