Une étude, publiée en janvier par des chercheurs espagnols dans la revue Preventive Medicine, démontre les bienfaits du vélo sur l'activité physique, la réduction de la pollution et de l'accidentologie routière. 10 000 vies pourraient être épargnées si les villes européennes proposaient davantage de pistes cyclables.

 

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« Selon l’OMS, une personne qui fait 3 heures de vélo par semaine verrait son risque de mortalité diminuer d’un tiers
par rapport à un non-pratiquant. » Photo D.R

 

Augmenter le nombre de pistes cyclables en ville permettrait d’épargner environ 10.000 vies par an en Europe, selon une étude de chercheurs de l’Institut de santé global de Barcelone (Espagne).

 

Ce travail s’inscrit dans le projet Physical Activity Through Sustainable Transport Approaches (Pasta), un programme financé par l’Union européenne dont le but est de montrer « comment la promotion de la mobilité active – marche et vélo – conduit à une population en meilleure santé, plus active physiquement, tout en permettant des économies. »

 

Natalie Mueller et ses collègues de l’Institut de santé global de Barcelone se sont intéressés à 167 villes de onze pays européens. La longueur de leur réseau cyclable et sa densité ont été estimées, ainsi que la part de l’utilisation de la bicyclette pour les trajets quotidiens.

 

315 kilomètres de pistes cyclables pour 100 000 habitants

 

Conclusions : plus l’offre cyclable est dense et bien dessinée, plus le vélo s’impose comme un moyen de transport naturel pour les habitants. Il serait ainsi choisi pour 25 % des déplacements urbains si les voies cyclables étaient plus commodes pour les usagers et s’ils avaient la garantie de pouvoir se déplacer facilement en deux roues à travers la ville.

 

Les scientifiques estiment un besoin de 315 kilomètres de pistes cyclables pour 100 000 habitants. D’après leurs calculs, Londres serait la ville en Europe la plus bénéficiaire et pourrait éviter 1.210 morts par an, suivie de Rome (433) et de Barcelone (248). D’après les chercheurs, une simple augmentation de 10 % des réseaux cyclables éviterait 21 morts à l’année à Rome, 18 à Londres et 16 à Barcelone.

 

S’ils demandent confirmation par d'autres études, cette perspective devrait cependant suffire à mettre la question des pistes cyclables dans les priorités des politiques urbaines. Le vélo favorise la santé grâce à plus d’activité physique, moins de blessés dus au trafic automobile, moins de bruits et une meilleure qualité de l’air.

 

A Copenhague, 26% de tous les déplacements en ville sont réalisés en vélo, un niveau beaucoup plus élevé que dans la plupart des autres cités européennes (seulement 5% à Bruxelles).

 

En France, seuls 2 % des actifs partent au travail le matin à bicyclette, un chiffre bien inférieur à la part de ceux qui utilisent une voiture (sept sur dix) ou les transports en commun, selon une étude de l’Insee publiée également le mois dernier.

 

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Par Didier ROUGEYRON, journaliste