Rouler à l’électrique reviendra moins cher qu'en automobile à essence d’ici à 2024. Dans le cas des voitures diesel, les courbes pourraient se croiser en 2030. De quoi rendre la voiture plus propre, plus abordable et faire enfin décoller le marché ?

 


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« Moins de 1% des véhicules neufs immatriculés dans le monde fonctionnent sur batterie. Ici la nouvelle Nissan LEAF.» 
Source : Nissan

 

 

 

D’après Daniele Schillaci, vice-président exécutif de Nissan, interrogé le 18 février par le Financial Times, « 2025 sera le point tournant où le coût d’une voiture électrique et de son équivalent avec un moteur à combustion interne sera le même ».

 

« Ce que nous savons, c’est que la relation entre la densité des batteries et les coûts s’améliore en permanence, » a également déclaré le cadre du constructeur nippon qui s’attend « à moyen terme » à « une révolution technologique sur la batterie ».

 

En effet, alors que les batteries représentent actuellement la moitié du prix d'une voiture électrique, leur coût pourrait baisser de près de 80% d'ici 2030. Une chute qui devrait profiter en particulier aux marchés américain et européen.

 

Le marché de l’électrique est amené à grandir

 

Au delà des annonces incitatives des constructeurs automobiles, le BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs) a réalisé une étude en 2016 où il estime que « d’ici à 2030, toutes les motorisations, sauf celles fonctionnant avec des piles à combustible à hydrogène, coûteront moins cher à acquérir et à faire rouler sur quatre ans qu’une voiture à essence de 2015 ». Selon un autre rapport de Bloomberg New Energy Finance, le prix des véhicules thermiques et électriques pourrait être paritaire dès 2020.

 

Actuellement, les voitures électriques sont plus onéreuses à l’achat, leur autonomie reste inférieure à celle des voitures à moteur thermique et recharger une batterie est bien plus long que faire le plein de carburant. Elles sont aussi souvent subventionnées.

Cependant, en fonction de l’évolution du parc automobile, plusieurs pays prévoient de réduire progressivement leurs aides. En 2015, la Chine a coupé de 20% son bonus à l’achat. Aux États-Unis, le gouvernement devrait supprimer les aides aux constructeurs dès que la barre des 200.000 voitures électriques vendues aura été atteinte.

 

Le marché de l’électrique est en principe amené à grandir, grâce notamment à l’émergence de nouvelles technologies. D’autre part, selon Renault, le coût des véhicules thermiques devrait grimper avec de nouvelles réglementations sur les rejets de particules polluantes.

 

L'Europe a fixé un seuil à 95g/km de CO2 en 2020. Selon le BEUC, il faudrait instaurer  70 grammes par km en 2025 et 45 grammes en 2030. Autant accélérer à l’électrique… D'ici 2050, l'UE s'est fixé comme objectif de réduire de 60% ses émissions de GES (par rapport à 1990) dans le domaine des transports. 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste