Pour les habitants des villes allemandes de Bonn, Essen, Herrenberg, Reutlingen et Mannheim, les transports en commun gratuits pourraient bientôt devenir une réalité. Moteur de l’économie allemande, le diesel est sur la sellette.

 

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« Les transports en commun gratuits, une mesure dont le financement reste à trouver » photo D.R

 

Neuf pays dont l’Italie, l’Espagne et la France sont menacés de lourdes sanctions par l'UE pour non-respect des seuils en matière de pollution.
L’Allemagne notamment dépasserait régulièrement les limites d'émissions de deux polluants très nocifs : les particules fines (PM10) et le dioxyde d'azote (NO2).

 

Afin de convaincre Bruxelles de ne pas saisir la Cour européenne de justice à son encontre, le gouvernement fédéral veut lancer la gratuité des transports en commun dans cinq villes, Bonn, Essen, Herrenberg, Reutlingen et Mannheim, "au plus tard à la fin de l'année," selon une information de l'AFP.

 

Si cette mesure expérimentale est mise en place et ensuite étendue dans le pays, elle devrait réjouir les usagers qui déboursent 2,80 euros comme à Berlin ou même 2,90 euros à Munich pour un ticket à l'unité. Cela n’empêche pas les transports en commun de demeurer très populaires au pays où la voiture est reine. En effet, le nombre de trajets effectués a progressé de façon continue au cours des 20 dernières années, pour s’établir à 10,3 milliards en 2017.

 

Le moteur diesel sur la pente fatale

 

Cependant l’idée de rendre les transports en commun gratuits « afin de réduire le nombre des voitures particulières,” ne fait pas l’unanimité. « Le gouvernement fédéral doit dire comment il veut financer cela », a ainsi réagi Michael Ebling, président d'une fédération de régies communales.

Greenpeace Allemagne estime que le devoir en incombe aux constructeurs automobiles. L'ONG réclame d’autre part de diminuer les possibilités de parking ou d'augmenter les "péages" dans les villes afin de limiter le trafic.


Mardi 27 février le tribunal administratif fédéral de Leipzig a jugé que les grandes villes allemandes avaient le droit d’interdire la circulation des voitures diesel polluantes. Le jugement concerne près de 12 millions de véhicules dans le pays. Un coup d’arrêt qui pourrait ressembler à un coup de grâce pour le moteur diesel.

 

Selon la Commission européenne, la pollution de l’air dépasse les seuils autorisés dans 130 villes à travers le continent. Elle induit un coût de 20 milliards d’euros pour le système de santé et est à l’origine de 400.000 décès par an.

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste