En mars 2019, le Royaume-Uni quittera l'Union Européenne mais aussi l'union douanière et le marché unique, comme la Première ministre Theresa May s'y est engagée. La France, un de ses partenaires majeurs, pourrait perdre près de 2000 entreprises et des parts de marché conséquentes sur les prestations de transport.

 

 

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Brexit or not Brexit ? L’enlisement des négociations depuis le printemps démontre que la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne sera tout sauf simple.

 

Ce qui est clair c’est qu’une période de transition sera nécessaire pour en amortir les impacts. Mais celle-ci ne doit pas être une "porte dérobée" pour empêcher le Brexit, prévenaient dans le Sunday Telegraph Philip Hammond et Liam Fox, les ministres britanniques des Finances et du Commerce.

 

Pour les entreprises européennes concernées par les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni, le coup de frein risque d’être sévère, le temps de définir de nouvelles modalités hors de la législation européenne. Les victimes collatérales seront alors les prestataires logistiques et les sociétés de transport qui travaillent avec les entreprises en question.

 

La France serait « le 5eme pays au monde le plus touché par le Brexit», affirment les chercheurs de l’OFCE, l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques.  « Certaines études prospectives estiment qu'avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, son PIB à l’horizon 2019 chuterait de plus de 4 points et provoquerait le dépôt de bilan de près de 2000 entreprises.»

 

Actuellement l’excédent commercial annuel est de près de 11 milliards d’euros en faveur de la France. Les exportations de matériels de transport (automobiles, poids-lourds) sont pour leur part en hausse de 4% chaque année, soit 6 milliards d’euros annuels.

 

Le Royaume-Uni alignera ses dispositions réglementaires

 

Une chute de la livre pénaliserait l’export français qui perdrait en compétitivité, en termes de prix des marchandises et des prestations de transport, sans parler des tracasseries douanières.

 

Les acteurs du transport routier, les politiques et les décideurs de l'UE se sont rencontrés récemment pour discuter de l'impact du Brexit et des conséquences qu'il aura sur le transport routier européen. Les discussions ont porté sur les préoccupations du secteur ainsi que sur les scénarios et solutions possibles.

 

La Grande-Bretagne alignera ses dispositions réglementaires sur celles de l'Union européenne dans un certain nombre de domaines, dont celui de l'industrie automobile, une fois qu'elle aura quitté le bloc communautaire, « parce que les chaînes d'approvisionnement sont intégrées, mais ce sera sur la base du volontariat », a déclaré vendredi dernier à la BBC le ministre de la Santé Jeremy Hunt.

 

Theresa May se prépare à un sommet les 22 et 23 mars au cours duquel les dirigeants de l'Union européenne doivent fixer les termes de la transition après la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE.

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste