Alors que le Japon compte, en mars 2018, près de 100 stations à hydrogène en activité, les 11 membres du nouveau consortium « Japan H2 Mobility » devraient installer 80 nouvelles stations au cours des quatre prochaines années. Les autorités nippones ont fixé un objectif de 900 stations d’ici à 2030.

 

 

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« Toyota a lancé en Europe en 2016 la commercialisation de sa berline à hydrogène baptisée Mirai. »  Source : Toyota

 

L’hydrogène est une énergie alternative privilégiée par les constructeurs automobiles japonais. Dès 2014, avec son modèle Mirai, Toyota est devenu le premier au monde à produire en série des véhicules à hydrogène. Honda l’a suivi en 2016 avec son modèle Clarity Fuel Cell.

 

Conforté par ces réussites technologiques de marques japonaises emblématiques et en quête d'indépendance énergétique, le gouvernement a décidé de miser sur la propulsion hydrogène pour faire du Japon un pays zéro carbone dans les décennies à venir. Onze firmes nipponnes ont ainsi récemment formé un consortium afin d’accélérer le déploiement d’un réseau de stations-service pour véhicules à pile à combustible sur l’archipel.

 

Nommé Japan H2 Mobility (ou JHyM), ce consortium vise la construction de 80 nouvelles stations-service d’ici 2021. À ce jour, une centaine ont déjà été construites ou sont en voie de réalisation.

 

Premier cadre au monde dans lequel non seulement des promoteurs d'infrastructure et des constructeurs automobiles mais aussi des investisseurs sont impliqués en collaboration, JHyM est composé de trois constructeurs de véhicules (Toyota, Nissan et Honda), ainsi que de six entreprises du secteur énergétique (JXTG Nippon Oil & Energy Corp, Idemitsu Kosan Co., Iwatani Corp., Tokyo Gas Co., Toho Gas Co. et Air Liquide Japan).

 

Le Japon, berceau des véhicules à hydrogène 

 

En décembre 2017, le ministre japonais de l’Industrie avait annoncé son intention de construire 160 stations-service à hydrogène d’ici 2020. Selon les projections du  ministère, 40.000 véhicules alimentés à l’hydrogène devraient circuler sur les routes du pays d’ici 2020 (environ 2 400 véhicules à pile à combustible roulent actuellement au Japon). L’objectif final est de porter le réseau à 900 stations d’ici 2030 et d’atteindre 800.000 véhicules à propulsion hydrogène, pour un marché de 1.000 milliards de yens (7,7 milliards d'euros).

 

Pour accompagner ce programme très ambitieux, la Banque du développement du Japon apportera sa contribution. Le gouvernement japonais a également annoncé sa volonté d’engager des réformes afin d’alléger la facture. Figurant parmi les membres fondateurs de ce consortium, Air Liquide opérera une vingtaine de stations d’ici à 2021. JHyM commencera à opérer en avril 2018 et a pour but d'achever sa mission dans 10 ans. 

 

Enfin, comme pour éclairer ce nouveau virage vers l’avenir, on apprenait ce jeudi 15 mars que la police londonienne venait de recevoir ses premiers exemplaires de Toyota Mirai, pour une commande de 11 véhicules au prix unitaire de 66 000 €. Actuellement, Londres dispose de cinq stations d'hydrogène.

 

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Par Didier ROUGEYRON, journaliste