Selon une étude publiée fin février par l'European Climate Foundation,  l'avènement du véhicule électrique pourrait non seulement transformer l'industrie automobile en profondeur mais également générer de la croissance et des emplois pour l'Europe. Les bénéfices environnementaux seraient eux aussi considérables.

 


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MikesPhotos (pixabay)

 

 

Réalisée par Cambridge Econometrics  pour le compte de la Fondation Européenne pour le Climat (ECF), l’étude prospective porte sur la transition des carburants à base de produits pétroliers vers l'électromobilité, dans le domaine des transports. Cette étude macro économique, élaborée avec la coopération des constructeurs automobiles européens et équipementiers (dont Michelin), des organismes professionnels, des syndicats et des ONG, présente plusieurs scénarios et quantifie leurs impacts.

 

Pour aller au plus court, grâce à l'électromobilité, l'Europe pourrait d'ici 2030 réduire ses dépenses en matière de produits pétroliers importés de 49 milliards €, créer plus de 200 000 emplois nets et accroître son PIB annuel de 0,2%.

 

Le rapport souligne que « pour 10 euros dépensés à la pompe, 5,3 euros vont aux taxes, 1,5 euro au distributeur et 3,20 euros quittent l'économie européenne». L’enjeu pour l'UE est par conséquent de développer les énergies produites localement, grâce aux différentes filières alternatives, afin de limiter les importations pétrolières. Par ricochet, il serait ainsi possible de doper la croissance dans la zone euro.

 

Selon les auteurs de l’analyse, un effort commun entre l'industrie, les gouvernements et la société civile sera toutefois indispensable pour atteindre les objectifs en matière de déploiement des infrastructures de charge. En effet les véhicules électriques et hybrides rechargeables pourraient représenter jusqu'à 23 % des ventes de véhicules neufs à l'horizon 2030, et passer de 17 millions de véhicules en 2030 à 170 millions en 2050.

 

Il faudra ainsi renforcer massivement le réseau d’approvisionnement en électricité. En se basant sur les projections d'un pays comme l'Allemagne, l'étude estime que la charge « non pilotée » nécessiterait 3 GW de puissance supplémentaire en 2030 et 22 GW en 2050 !

 

Une équation à plusieurs inconnues

 

AVERE France détaille sur son site les conséquences possibles de cette transition vers l'électrique présentée par le rapport et ne cache pas les difficultés qu’engendrerait un tel changement de paradigme. Par exemple, comment compenser la baisse de recettes issues des taxes sur les produits pétroliers ou comment réduire rapidement le coût des batteries ? Et quelle sera l'évolution des technologies?

 

Pour l’UE, l’enjeu est donc de taille, y compris sur les aspects environnementaux où les gains devraient se révéler exponentiels.

 

D'ici à 2050 en effet, les émissions de CO2 des automobiles pourraient être réduites de 88 %, passant de 605 à 70 millions de tonnes chaque année. Les observations sont similaires pour les oxydes d'azote avec une baisse de 1,3 million à 70 000 tonnes par an. Enfin, les émissions de particules fines passeraient de 28 000 à 750 tonnes annuellement.

 

Pour obtenir ces résultats, les auteurs se sont basés sur le même scénario que pour leurs calculs économiques où les véhicules à faibles émissions représenteraient environ un quart des ventes de véhicules neufs en 2030 puis 100 % en 2040.

 

 

 

 

 

En savoir plus : http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=7244

 

Voir le rapport intégral (en Anglais)

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste