Pour faire face à la diversification des moyens de mobilité et satisfaire la demande, les constructeurs n’hésitent pas à élargir leur offre de services. Nouvelle tendance : l'autopartage, un marché qui devrait croître mondialement de 30% par an. Selon PwC, il pourrait atteindre 4 milliards d’euros en 2020.

 

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« Les nouveaux usages urbains poussent les constructeurs à se transformer en fournisseurs de services de mobilité. »
Source : blog.car2go.com

 

 

Effet de mode ou investissement à long terme? Désormais les groupes automobiles tentent de prendre place sur le marché de l'autopartage, appelé à se développer dans de fortes proportions ces prochaines années. D’ici à 2020, le secteur devrait en effet atteindre les 200 000 véhicules en Europe, soit un chiffre d’affaires minimum de 3 milliards d’euros, selon PSA, 4 milliards d’après le cabinet PwC. Selon  AlixPartners, le nombre d’usagers des services d’autopartage devrait être multiplié par dix à cet horizon pour atteindre les 8 millions en Europe. Et d’après les calculs du cabinet Frost & Sullivan, cité par Le Monde.fr,  « on pourrait même compter jusqu’à 15 millions d’utilisateurs et 240 000 véhicules, dont un tiers de véhicules électriques. »

 

«Il y a un besoin grandissant. D’une part, les métropoles veulent réduire leur trafic, d’autre part, il y aura toujours un besoin de mobilité individuelle. Nous devons satisfaire la demande», commente Marc Langenbrinck, président de Mercedes-Benz France, un des premiers constructeurs à s’être lancé sur ce marché. Renault (Mobility), BMW (DriveNow et ReachNow), PSA Peugeot Citroën (TravelCar, Koolicar et l’appli Free2Move), Opel (CarUnity), Toyota (Getaround), Volkswagen (Quicar) ont emboité la roue. A cette liste, loin d'être exhaustive, il convient d'ajouter des acteurs tels que Communauto, Drivy et Ouicar.

 

 

Un pari sur l’avenir

 

Les Allemands BMW (et son offre DriveNow) et Daimler (avec Car2Go, Croove puis Turo en 2017), les pionniers particulièrement actifs de ce secteur visent chacun 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2020.

 

La tendance n’est pas propre à l’Europe. L'Américain General Motors envisagerait de lancer cet été une plate-forme permettant aux propriétaires de voitures de louer leur véhicule à d'autres particuliers, selon les informations de Bloomberg (13 mars).

 

L’industrie automobile n’a, au fond, pas vraiment le choix, elle est obligée de suivre les goûts et les usages de ses clients qui ressentent de moins en moins le besoin de posséder un véhicule, surtout dans les zones urbaines. Ainsi, les constructeurs cherchent à diversifier leur offre mais aussi à séduire une clientèle jeune qui pourrait passer ensuite à l’achat de la marque testée.

 

Cette stratégie, au départ surprenante, sera-t-elle finalement payante ? On estime en effet qu’une voiture en autopartage remplace une dizaine de véhicules.

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste