Londres exploite un réseau de transport en commun à la fois dense et étendu. Parallèlement, la grande métropole européenne répond au problème du trafic automobile en structurant une offre de covoiturage et de voitures à la demande riche et efficace. Serait-elle devenue la capitale européenne des nouvelles mobilités ?

 

 

 

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«  En s’associant à la start-up américaine Via Daimler a investi 50 millions d'euros
pour lancer un service de minibus à la demande en Europe » © Daimler

 

 

Ce qui frappe avant tout c'est son étendue dont les limites sont difficiles à cerner. Le bassin londonien couvrirait plus de 1 500 km2. Selon les projections de l'ONS, la population du Grand Londres pourrait augmenter de 12,7% d’ici à 2025 pour atteindre 9,8 millions d'habitants.

 

Afin de répondre à cet effet tentaculaire, la métropole dispose d'un réseau dense et développé de transports publics et privés. TfL (Transport for London), l’organisme public, est d’ailleurs considéré comme l’un des modèles les plus intégrés au monde en matière de transports. Son but est que chaque habitant puisse atteindre un arrêt de bus en marchant au maximum 5 minutes, même s’il est loin du centre. De fait, 43% des trajets se font en transport en commun, notamment grâce à un métro efficace et sécurisé où des progrès importants ont été accomplis pour le rendre accessible à tous. Ainsi certaines stations ne comportent plus aucune marche de la rue au quai.

 

 

Un concept de lignes de bus plus flexibles et intelligentes

 

Surtout, Londres veut répondre à la demande de mobilité dans les zones périphériques, en offrant des services alternatifs ou complémentaires au véhicule particulier, tout en privant depuis le 30 septembre dernier Uber, suite à différents motifs, d’une licence pour opérer dans ses rues... Le coup est rude pour l'entreprise américaine, puisque Londres représente sa principale activité au Royaume-Uni (avec près de 40.000 chauffeurs et 3,5 millions de passagers en 2017), lui-même son principal marché en Europe. Néanmoins la compagnie de voitures avec chauffeurs privés rappelle qu'elle peut continuer à exercer dans les rues de la capitale britannique tant que la procédure judiciaire est en cours.

 

Les Londoniens ne sont pas pour autant dépourvus d’alternatives. En 2015, plus de 130 000 Londoniens étaient inscrits dans un car club, soit 80% de l’offre nationale de véhicules en partage.

 

Les « blacks cabs », célèbres taxis noirs, circulent jour et nuit, 315 stations de vélos sont à disposition des usagers et une desserte fluviale permet de rejoindre plusieurs lieux importants le long de la Tamise.

 

 

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Tout comme le réseau routier, des lignes sur rail souterraines ou en surface convergent des banlieues vers le centre, complétées par le réseau de tramway Tramlink.

 

Malgré un prix très élevé de son offre de transport public (un ticket de métro aller simple coûte 4,90£), la ville poursuit ses efforts pour réduire sa dépendance à la voiture, notamment grâce à un système de péage mis en place en 2003. Hélas, si cela a effectivement limité l'explosion du trafic, les embouteillages dantesques et les pics de pollution persistent. Il faut donc trouver d’autres solutions.

 

L'an dernier l’application de transport urbain Citymapper a créé une ligne de bus éphémère à Londres, en partenariat avec l'opérateur de transports de la capitale britannique pour tester un concept de lignes de bus plus flexibles et intelligentes. Les données, croisées avec des data liées à la circulation automobile et aux flux de transports publics, doivent permettre une gestion en temps réel de la fréquence des bus.

 

Lancement de services de navettes partagées 

 

S’appuyant également sur les nouvelles technologies, Daimler s'est associé à la start-up Via pour développer un service de navettes à la demande dans les grandes villes européennes. Londres vient tout juste de l’adopter.

 

Enfin, c’est au tour de Ford, par la start-up Chariot, de proposer son service de transport sur des axes stratégiques. Depuis début février, ses navettes bleues et blanches sillonnent quatre zones mal desservies par les transports en commun habituels et se connectent à des hubs existants : stations de métro, bus et gares.

 

Quatorze minibus peuvent ainsi transporter en semaine quatorze personnes chacun avec connexion Wi-Fi et une facilité d’accès pour les personnes à mobilité réduite. Les Londoniens réservent leur trajet via une application mobile. L’outil permet aussi de connaître le taux d’occupation des véhicules, de réserver sa place (1£60 le trajet) et se faire guider jusqu’à un point d’arrêt / dépose.

 

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« Ford lance à Londres son nouveau mode de transport collectif à la demande » © Ford

 

 

Brexit ou pas, Londres reste un leader européen en matière de nouvelles mobilités.

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste