BMW Group et Daimler ont annoncé un accord de fusion de leurs activités dans les services de mobilité comme l'auto-partage, la recharge de véhicules électriques et le stationnement. Les deux constructeurs allemands détiendront chacun 50% de la nouvelle coentreprise.

 

 

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« Naissance d’un géant : l’ensemble de l’offre de services de mobilité de BMW et Daimler
va être intégrée dans une seule entreprise. »

 

En quelques années, BMW et Daimler ont étendu leur activité vers les nouvelles mobilités dont ils sont devenus peu à peu des acteurs majeurs. Avec Car2Go (Daimler) et DriveNow (BMW), les deux constructeurs se sont ainsi lancés dans l’auto-partage et totalisent désormais une flotte mondiale de 20 000 véhicules. Car2Go est implanté dans plus de 26 villes dans le monde, tandis que la branche taxi-VTC regroupe 140.000 chauffeurs et près de 13 millions d'utilisateurs. De son côté, BMW a réuni près d'un million d'abonnés avec son application DriveNow.

 

L'accord annoncé fin mars porte non seulement sur leurs filiales d'auto-partage mais aussi sur leurs activités dans le transport avec chauffeur à la demande, la recherche de mobilité multimodale, les services de parking et de recharge électrique. Ce dernier point est hautement stratégique puisque leurs réseaux combinés représentent 143 000 points de charge dans le monde, soit l’une des offres les plus importantes. BMW comme Daimler sont par ailleurs impliqués dans un projet de réseau de charge rapide appelé Ionity.

 

Faire face à la concurrence de nouveaux acteurs

Si BMW et Daimler ont décidé de s’unir c’est sans doute avec l'intention de résister à la concurrence de nouveaux acteurs, tel Uber en Europe et aux Etats-Unis ou Didi Chuxing en Chine, dans un secteur automobile en mutation accélérée.

 

Leur objectif est donc de proposer un ensemble de services connectés susceptible d'être étendu à travers le monde, tout en restant des concurrents dans l'automobile haut de gamme.

Plutôt que se laisser distancer par de nouveaux acteurs technologiques aux structures plus agiles, les constructeurs traditionnels ont intérêt « à développer des services de mobilité facturés au kilomètre », estime le cabinet PwC, au risque de se voir marginalisés. Leur part dans les bénéfices du secteur au niveau mondial pourrait en effet chuter de 85% à moins de 50% d'ici 2030.

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste