Une "contribution" des transporteurs routiers au financement des infrastructures sera discutée au Parlement français. C'est ce qu'a annoncé mardi matin la ministre des Transports Elisabeth Borne. Feu vert ou ligne rouge ?

 

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Crédit : Antranias pixabay

 

 

Elisabeth Borne a confirmé, mardi, qu’une nouvelle taxe sur les poids lourds sera mise en place par le gouvernement afin d’aider au financement des infrastructures de transports. Invitée de BFMTV et RMC, la ministre des Transports a estimé qu’il était « justifié que les poids lourds participent davantage » à cet effort. Cette contribution pourrait rapporter "quelques centaines de millions d'euros" à l'État, selon elle.

 

Si cette nouvelle taxe sur les poids lourds voit le jour, tout le monde parlera évidemment du retour de l’écotaxe, une mesure emblématique du Grenelle de l’environnement (en 2007) sur le principe du pollueur-payeur qui n’a finalement jamais été appliquée.

 

On se souvient, en effet, qu’elle a été suspendue après un fort vent de contestation de certains acteurs économiques venus notamment de Bretagne. Un vent si violent que dix portiques d’écotaxe ont été endommagés, démontés voire détruits. L’Etat français a ainsi vu filer une manne financière qui aurait dû lui rapporter plus d’un milliard d’euros par an. Or son abandon et le démantèlement des portiques s’est soldé par de lourdes pertes, plus de trois milliards d’euros, un "gâchis", pour la Cour des comptes.

 

Un sujet très sensible en France

 

Elisabeth Borne relance le sujet parce que l’Etat a besoin de rentrées nouvelles pour investir en particulier dans le réseau routier (au total près de 2 milliards et demi d’euros), d’après francetvinfo.fr

 

La nouvelle taxe poids lourds pourrait également aider à  financer la SNCF selon l’idée avancée récemment par la branche syndicale CGT Cheminots. 

 

La Ministre déléguée en charge des transports avait déjà prévenu, en septembre 2017, au moment du lancement des assises de la mobilité: il faut "trouver une façon de faire payer les poids lourds qui transitent par notre réseau sans participer à son financement". Pour lancer une nouvelle écotaxe qui ne dit pas son nom?

 

Le sujet est très sensible en France alors que la plupart de ses voisins (l’Autriche, l’Allemagne, la Pologne) ont mis en place des systèmes de taxes comparables avec un certain succès.

 

Avec à l’esprit la réforme en cours de la SNCF, le gouvernement français veut au fond réinventer la politique des transports du pays et les assises de la mobilité devraient aboutir à un projet de loi sur les transports au début de l’année prochaine. D’ici là, les concertations avec les routiers promettent d’être animées. Pour eux, cette taxe supplémentaire est « une ligne rouge. »

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste