Une voiture alimentée à plus de 34 % par de l’essence à base de sucre de betterave, a roulé début avril sur le circuit de Montlhéry. Cette première mondiale a été rendu possible grâce à l’entreprise française Global Bioenergies en partenariat avec Audi. Cet événement marque le prélude aux essais sur route, sur véhicules de série.

 

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L’ Audi sur le circuit de Montlhéry (France), le 5 avril. Pour obtenir le G-612 (nom du carburant renouvelable),
Global Bioenergies utilise un procédé qui consiste à modifier des bactéries. Crédit photos: ABC Moteur

 

Une Audi A4 2.0 TFSI fournie par le constructeur-partenaire de Global Bioenergies a parcouru l’anneau de vitesse de l’autodrome de Montlhéry,  le jeudi 5 Avril, propulsée par de l’essence renouvelable, issu de la production de sucre de betterave, ajouté à l’essence sans plomb classique. Le mélange, contenant plus de 34 % de dérivés d’isobutène renouvelable, est conforme à la norme EN228. Avant de s’élancer, le véhicule n’a subi aucune modification technique.

 

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Global Bioenergies est la seule société en Europe à développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures par fermentation. En préparation des usages commerciaux, elle a développé plusieurs mélanges d’essence avec deux dérivés d’isobutène : l’isooctane, obtenu par la condensation de deux molécules d’isobutène suivie d’une hydrogénation, ainsi que l’ETBE, obtenu par la condensation d’isobutène et d’éthanol.

 

Ces deux composés sont des additifs hautes performances (indice d’octane élevé égal ou supérieur à 100) jusqu’alors produits à partir de pétrole fossile. Le procédé exclusif de Global Bioenergies permet de produire des composés en tous points identiques, mais à partir de matières premières renouvelables comme des sucres de qualité industrielle, de la paille, du bois résiduel, voire même du gaz de synthèse.

 

Le G-612 pourrait être commercialisé à grande échelle en 2021

 

FEV, l’un des leaders allemands des essais moteur, a analysé les propriétés de ces mélanges de carburant à indice d’octane élevé sur un moteur mono-cylindre.

 

Selon le Dr Johannes Scharf, Vice-Président des motorisations essence chez FEV Europe GmbH: « L’ETBE et l’isooctane sont connus pour être des composants très performants et les résultats obtenus se sont avérés de manière générale conformes aux attentes. Par ailleurs, les propriétés des composés ajoutés pourraient suggérer des réductions d’émissions de particules. »

 

Conforme au cadre réglementaire européen et utilisable par tous les véhicules essence, l’essence renouvelable pourrait être commercialisée à grande échelle dès 2021. D’ici là, l’entreprise disposera d’une usine en Champagne capable de produire 50 000 tonnes de carburant par an.

 

Selon Marc Delcourt, Directeur général de Global Bioenergies, le surcoût lié à la production ne devrait pas décourager les consommateurs. « Les carburants fossiles sont très fortement taxés. Plus de la moitié du prix de l’essence est composée de taxes. A l’inverse, les biocarburants profitent d’un environnement réglementaire adapté qui les rend compétitifs par rapport au pétrole. "

 

Les premiers essais routiers vont démarrer « très prochainement » indique l’entreprise.

 

Pour en savoir plus :  www.global-bioenergies.com

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Par Didier ROUGEYRON, journaliste