D’après une enquête menée par le groupe Autovista auprès de son lectorat, les modèles hybrides et hybrides rechargeables atteindront 53 % des ventes de véhicules neufs en Europe à l’horizon 2028. Ce penchant pour la motorisation alternative apparaît comme une possible tendance de fond.

 

 

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La motorisation hybride est plébiscitée par le marché qui voit en elle une solution réelle aux émissions polluantes
   photo D.R

 

 

Dans un contexte de recul des ventes de diesel et d’accroissement des émissions de CO2 du secteur en Europe, les constructeurs automobiles souhaitent se positionner sur le marché de véhicules toujours plus propres. Même si le tout électrique tarde à démarrer (plus de 500 000 véhicules électriques sont désormais en circulation à travers l'Europe), l’offre alternative au diesel s’organise.

 

 

Pour ce qui concerne les options GPL, GNV, électricité et hybride elle reste encore timide ; elle ne représentait en 2016 que 3,59 % de l’offre globale dans les pays européens audités à l’époque par l’Institut GfK (Royaume-Uni, France, Espagne, Italie, Allemagne). Emilie GROS, chef de groupe chez GfK constatait : « Les véhicules hybrides semblent être l’alternative idéale mais ils ne représentent que 1% de l’offre totale en Europe.»

 

 

Et pourtant, selon la dernière enquête menée par le groupe Autovista , leader européen de l’information et de la cotation à destination du secteur automobile, les lecteurs interrogés estiment que les véhicules à motorisations hybrides essence/électrique représenteront plus de la moitié des ventes de véhicules neufs d’ici 10 ans sur le Vieux Continent.

 

 

Certes le diesel n'est pas mort, loin de là, mais son déclin semble inéluctable. Si les ventes pesaient encore 72% des immatriculations en 2012, cinq ans plus tard, moins d'une voiture vendue sur deux roulait avec du gazole en France.

 

 

L’hybride en alternative sérieuse

 

 

Pour tenter de le remplacer, les professionnels interrogés estiment que l’hybride constitue une excellente alternative. Spécialiste de l’essence-électrique, le groupe Toyota s’apprête d’ailleurs à décliner la majeure partie de ses modèles en deux variantes hybrides destinées à séduire une plus large clientèle.

 

 

« Notre offre diesel sera réduite de 50% d'ici 2022, (ainsi) nous allons ramener notre gamme de trois familles de moteurs à une», annonçait pour sa part en octobre 2017 Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité de Renault. Chez les constructeurs allemands, l’hybride rechargeable monte en gamme à l’instar de la marque Mercedes-Benz ou Audi en version sport. 

 

En France, en février 2018, les automobilistes se sont eux-mêmes plus largement tournés vers les modèles hybrides rechargeables. Pour le deuxième mois consécutif, le marché est en hausse, de 138, 51% par rapport à 2017… Le segment passe ainsi la barre symbolique des 1000 immatriculations avec 1090 véhicules mis sur la route.

 

Dans l’enquête menée par le groupe Autovista, si l’hybride arrive en tête des pronostics, l’électrique pur enregistre une estimation de seulement 18 % des ventes de véhicules neufs en 2028, devançant de justesse l’essence (16 %). Comme le souligne le site spécialisé dans l’automobile propre breezcar.com « Encore chère et moins polyvalente que son équivalent à combustible fossile, la voiture électrique devrait toutefois bénéficier d’effets de volumes et de bonds technologiques quant à ses batteries et à sa puissance de charge, des données que les sondés n’ont semble-t-il pas intégré à leur réflexion ». Dans ce classement prospectif, l’hydrogène se classe en quatrième position (8 %), tandis que le diesel ferme le ban avec une part de marché estimée à 5 %.

 

On en conclura que le respect de l’environnement est devenu une préoccupation majeure et même urgente, et que l’industrie automobile se révèle un baromètre précieux quant aux tendances lourdes de mobilité.

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste