Les données publiées mi avril par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) indiquent que le marché européen du secteur a reculé en mars de 5,3 % sur un an à 1,79 million de voitures neuves. Les constructeurs français et espagnols résistent à l’érosion, sensible notamment au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne. Coup de frein ou marche arrière?

 

manfredrichter.jpg
« Le marché automobile européen a reculé de plus de 5% en mars 2018
C’est une première depuis 2014. » pixabay.com manfredrichter

 

 

Est ce le signe d’une récession ou le début d’un déclin ? Le marché européen de l'automobile marque son premier recul depuis 2014, entrainé par les mauvaises ventes enregistrées en mars au Royaume-Uni (-15,7 %), en Italie (-5,8 %) et en Allemagne (-3,4 %). Les chiffres de la France (+2,2 %) et de l'Espagne (+2,1 %) ont permis de limiter cette érosion. En résultats cumulés sur le premier trimestre 2018, les ventes affichent d’ailleurs une légère progression de 0,7 %, avec un total de 4,17 millions de véhicules neufs vendus sur le continent.

 

 

Cette hausse, certes minime, est notamment due aux bonnes performances du marché français (+ 2,2 % en mars et + 2,9 % à l’échelle du trimestre) et espagnol (+ 2,1 % et + 10,5 %). Pour rappel, l’ACEA avait prédit en janvier dernier un ralentissement de la croissance du marché européen à 1 % (contre 3,4 % en 2017).

 

 

Volkswagen Group a à peine progressé de 0,3 % le mois dernier avec 405.103 véhicules. Sa position de leader européen s’en trouve néanmoins renforcée avec 22,6 % de part de marché (+1,3 point), soit près d’un quart des voitures vendues dans l’UE.

 

 

Volkswagen devant PSA

 

 

Pour les constructeurs français, en mars, les résultats sont contrastés. PSA a réalisé un bond spectaculaire de +59,7 % à 285.434 véhicules vendus. En profitant du rachat d'Opel (6 % des immatriculations comptabilisées dans l'UE) à l'américain General Motors, PSA est passé de 9,4 % à 15,9 % du marché européen et pointe désormais en seconde position.

 

 

Moins heureux, le groupe Renault a vu ses ventes rabotées de 3,2 % à 174.884 unités mais bénéficie de l’effet porteur de Dacia (+10,5 %) qui compense le recul de 7,5 % de la marque au losange. Du coup le groupe gagne des parts de marché, passant de 9,5 % en mars 2017 à 9,8 % le mois dernier. Cette mince progression,  dans le contexte d’un marché à la baisse, n’est pas négligeable.

 

 

Rappelons pour conclure que les constructeurs automobiles ont vendu plus de 15 millions de voitures neuves en Europe en 2017. Un chiffre en hausse de 3,4% par rapport à 2016, porté par le succès du groupe Volkswagen à 3,6 millions d’unités devant PSA (1,8 million) et Renault (1,6 million).

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste