La Commission européenne se penche sous les roues des camions, jugés trop polluants, avec l’objectif de réduire encore leurs émissions de dioxyde de carbone. Le projet est jugé trop ambitieux par les constructeurs mais insuffisant pour certains Etats membres et des associations écologistes.

 

 

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« 99% de nos besoins quotidiens sont transportés par les professionnels de la route. »
Crédit : Schwoaze/ pixabay.com

 

 

On dénombre un milliard de voitures dans le monde pour « seulement » 60 millions de camions. Ces derniers représentent 5 % des véhicules circulant sur les routes européennes et pourtant ils cumulent à eux seuls près d’un quart des émissions de CO2 dans le domaine du transport. Cette empreinte carbone conséquente leur vaut de se retrouver dans le viseur de la CE.

 

D’après des informations du « Financial Times » révélées dimanche, la Commission européenne devrait donc voter le 16 mai un plan visant à réduire de 15 % les émissions de CO2 des camions d'ici à 2025, puis de 30 % d'ici à 2030. L'objectif pourrait d’ailleurs être réévalué en 2022.

 

L'UE prévoirait des mesures incitatives pour encourager les constructeurs à concevoir des camions plus « propres » et les transporteurs à s’en équiper. En revanche, la Commission exclurait toute obligation de résultat. L'exécutif européen doit dévoiler ses propositions jeudi.

 

Pour les associations du secteur automobile européen, cet objectif serait difficilement atteignable. D’après eux, le renouvellement du parc de poids lourds par de nouveaux modèles moins polluants n'est pas assez rapide pour parvenir à un tel résultat. Ils avaient donc proposé de réduire les émissions de CO2 des camions de 7 % en sept ans, un objectif qui selon Bruxelles « manque clairement d'ambition ».

 

A l'inverse, des associations écologistes, ainsi que certains Etats membres comme les Pays-Bas, l'Irlande et la Lituanie, avaient proposé une plus forte  réduction, de 24 % d'ici à 2025. Une solution qui serait financièrement plus intéressante selon eux, car la mise à la route rapide de camions « propres », moins gourmands en carburant, permettrait aux transporteurs d'amortir plus rapidement leur investissement.

 

Il faut surtout considérer qu’un tel chiffre aiderait l'Union européenne à respecter ses engagements pris lors de l'Accord de Paris sur le climat, à savoir réduire de 40 % sa production de gaz à effets de serre d'ici 2030, explique le journal « Les Echos » (14/05/18).

 

 

Le transport routier représente presque la moitié du transport de marchandises en Europe, or ce secteur va croître de manière significative, autour de 60 % sur le continent entre 2010 et 2050. Parce qu’ils restent le moyen le plus souple et le moins cher pour transporter des produits de toutes natures jusqu’au consommateur final, les poids lourds sont encore loin d’être à la remorque de l’économie. Raison de plus, pour Bruxelles, de leur demander un effort supplémentaire en faveur du climat.

 

(sources : CCFA, FNTR)

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste