La Commission européenne a dévoilé le 17 mai ses propositions pour rendre les routes de l'UE plus sûres et plus propres, en introduisant par exemple une limite aux rejets de CO2 des camions et en rendant obligatoires certaines technologies d'assistance à la conduite.

 

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Les actions en matière de sécurité routière dans l'UE ont connu des avancées considérables ces dernières années. Entre 2001 et 2010, le nombre de personnes ayant trouvé la mort sur les routes de l'UE a diminué au total de 43 %. Entre 2010 et 2013, ce nombre a encore baissé de 17 %. Même si « les routes européennes sont les plus sûres du monde », pour l'UE ce n’est pas suffisant.

 

Le troisième et dernier « paquet mobilité » de l'exécutif européen contient ainsi plusieurs propositions législatives (et autres recommandations moins contraignantes) qui s'inscrivent dans son objectif du « triple zéro » d'ici à 2050 : 0 mort (sur les routes), 0 pollution et 0 papier.

« Tous les secteurs doivent contribuer à atteindre nos engagements pour le climat pris dans l'accord de Paris », a martelé Miguel Arias Canete, le commissaire européen à l'Action pour le climat. D’après lui, « ces normes représentent une opportunité pour l'industrie européenne de consolider sa position de leader dans les technologies innovantes »

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Parmi les mesures phares, la Commission propose pour la première fois de fixer une limite d'émissions de CO2 pour les poids lourds. En 2025, leurs rejets devront être 15 % plus faibles qu'en 2019 et au moins 30 % d'ici à 2030.

 

(voir : Bruxelles veut réduire de 30 % les émissions de CO2 des poids lourds  )

 

 

Prendre en compte les « complexités » du secteur

 

La CE estime que ces objectifs de réduction de rejet de carbone permettraient aux sociétés de transport routier, surtout des petites et moyennes entreprises, d'économiser 25 000 euros en cinq ans en consommation de carburant.

 

Cependant, faisant part de son scepticisme, l'Acea (Association des constructeurs européens automobiles) exige que soient prises en compte les « complexités » du secteur. Selon ses chiffres, si les camions représentent un cinquième des émissions de CO2 dans le secteur du transport, ils transportent 70 % du fret terrestre.

 

Bruxelles propose également de rendre obligatoire, sur les nouveaux modèles de véhicules, certains équipements de sécurité avancée : système de freinage d'urgence, aide au maintien sur la voie ou système de détection des piétons ou des cyclistes pour les camions.

 

Environ 25 300 personnes ont perdu la vie sur les routes d'Europe en 2017 et 135 000 autres ont été gravement blessées.

 

Le secteur du transport routier emploie environ 11 millions de personnes dans l'UE, et représente 5 % du PIB de l'Union. Les experts estiment que le trafic de passagers va augmenter de plus de 40 % d'ici à 2050 et le trafic de fret de 60 %.  

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste (avec AFP)