La France va autoriser les tests de véhicules sans conducteur sur l'ensemble de son territoire dès 2019, a annoncé Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, le 14 mai. Son vœu est d’offrir un cadre juridique et réglementaire pour que le pays soit en pointe sur ces technologies.

 

 

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Le robot-véhicule électrique Renault EZ-GO a été présenté au Salon international de l’automobile
de Genève 2018 »

 

 

" Les expérimentations sur routes ouvertes seront possibles sur tout le territoire français jusqu'au niveau 5 d'autonomie, c'est à dire en l'absence de tout conducteur", a déclaré M. Le Maire en présentant la stratégie du gouvernement français sur les véhicules autonomes.

 

Certes de nombreux tests sont déjà conduits sur les routes de France grâce à des dérogations accordées aux entreprises qui mènent ces recherches, comme le Groupe PSA qui a commencé ses essais en juillet 2015. Toutefois il s'agit d'autorisations partielles sur des tronçons déterminés et la législation impose pour l'instant la présence d'un opérateur à bord.

 

Négocier un virage décisif

 

Pour faire face aux défis posés par le développement des véhicules autonomes, le gouvernement a confié à l'ancienne ministre Anne-Marie Idrac la rédaction d'un rapport et surtout d’un plan d’actions. Si l'exécutif français se mobilise sur le sujet, c'est qu’il estime que celui-ci sera " décisif sur l'avenir de l'industrie automobile française et européenne".

 

En effet les autres puissances mondiales n'ont pas attendu pour s’engager à fond dans ce virage afin de se doter des meilleures technologies et entreprises. Selon l’AFP, « La course à l'innovation est mondiale et la complexité des chantiers poussera à des coopérations européennes face à la Chine et aux Etats-Unis. Pour les experts, ces deux pays sont en effet les mieux placés, grâce à leur immense marché et leur pépinière de sociétés innovantes ».

 

M. Le Maire a d’ailleurs affirmé vouloir faire de la France « le pays le plus attractif en Europe pour développer ces transformations technologiques » et a promis un « soutien à l'effort de recherche et développement. » Le Ministre l'a prononcé dès l'introduction de son discours : " L'avenir de la voiture, et donc le véhicule autonome, est à la croisée de révolutions technologiques, d'usages au quotidien et du défi de souveraineté technologique, probablement un des défis les plus importants qui se posent à la France et à l'ensemble des Etats européens." Il a souhaité l'adoption d’une loi « avant la fin de l'année 2018 pour que toutes les dispositions soient opérationnelles dès 2019. »

 

2022 correspond à la date annoncée par différents constructeurs automobiles pour la mise sur le marché de véhicules autonomes. Il s'agira probablement dans un premier temps de navettes ou de robots taxis exploités par des gestionnaires de flottes sur des parcours bien délimités.

 

Des acteurs français comme la startup lyonnaise Navya ou des équipementiers comme Valeo ou Faurecia sont fortement impliqués dans ces innovations.

 

(Sources : CCFA, Le Point, AFP)

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste