Élu territoire d'expérimentation de la mobilité à hydrogène en France, Chambéry a inauguré une « route » solaire alimentant une borne de recharge de vélos et une autre pour voitures électriques. L’innovation s'intègre dans le programme « Zero Emission Valley » destiné à financer des projets d’intérêt commun dans le secteur des transports en Europe.

 

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« Pour la première fois, une grande région a décidé de soutenir l'amorçage de la mobilité à hydrogène » 
(c) Région Auvergne Rhône-Alpes

 

Partenariat public-privé, porté par la région Auvergne-Rhône-Alpes et une cinquantaine de partenaires dont Michelin et Engie, le programme « Zero emission valley » a pour but d’accélérer le développement de la filière hydrogène dans la région. Il doit mobiliser au total 70 millions d’euros sur 10 ans.

 

Dans ce cadre de ce programme, la Région va par exemple accompagner la mise en circulation de 1 000 voitures à pile à combustible, ainsi que le déploiement de 20 stations de recharge et de 15 électrolyseurs qui utiliseront des énergies renouvelables. « Cela permettra de faire d’Auvergne-Rhône-Alpes le premier territoire à hydrogène de France et d’être le catalyseur du déploiement de cette nouvelle technologie », s’est félicité Laurent Wauquiez, le président de la Région.

 

Celle-ci regroupe déjà 80 % des acteurs de la filière avec 55 entreprises, 26 laboratoires de recherche et 8 collectivités rassemblées sous forme de Société d’Économie Mixte (SEM). Le programme doit « non seulement dynamiser la filière économique et créer des emplois dans notre région, mais également booster nos centres de formation tournés vers les métiers de l’automobile », a affirmé la Région qui compte aussi investir 30 millions d’euros dans la recherche pour développer des véhicules lourds à hydrogène.

 

Relier la route solaire à une station de production d’hydrogène

 

Très concrètement, le 16 juin dernier a été inauguré à Technolac, près de Chambéry, une portion de route de 68 m2 de dalles photovoltaïques devant le bâtiment de l’Institut national de l’énergie solaire.

 

Mis au point par le groupe de BTP Colas, en partenariat avec l’Institut national de l’énergie solaire, le programme Wattway de revêtement routier photovoltaïque présente comme premier avantage de produire de l’énergie électrique sans empiéter sur les surfaces agricoles et les paysages naturels.

 

L’électricité générée est susceptible d’alimenter maisons, entreprises, éclairages publics, mobiliers urbains, et/ou bornes de recharges pour véhicules électriques et hybrides rechargeables.

 

« Avec 1 kilomètre de route équipée de dalles Wattway, on peut approvisionner l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants », indique le groupe de BTP qui propose aux décideurs publics « de transformer l’espace urbain pour construire la ville de demain » et aux entrepreneurs « d’aménager les espaces de circulation et de stationnement afin de produire une énergie propre ».

 

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« La portion de route solaire, inaugurée le 16 juin 2018 à Chambéry »

 

 

A Chambéry, une borne de recharge pour véhicules électriques et hybrides rechargeables est reliée à la route solaire. La grande première, comme le souligne l’AVEM, « c’est d’associer l’ensemble à une station de production d’hydrogène Atawey déjà ouverte pour alimenter en énergie une flotte de 15 vélos Pragma à pile à combustible livrée fin 2017 sur le territoire de Chambéry Grand Lac Economie. La priorité sera donnée à l’une ou l’autre de ces infrastructures en fonction des besoins, avec un renvoi vers le réseau lorsqu’elles n’auront pas besoin de recevoir d’énergie. »

 

A Fougères, en Ille-et-Vilaine, un autre tronçon expérimental Wattway composé de 31 m2 de dalles photovoltaïques a été installé le 25 juin dernier. Sur ce territoire, il suffirait d’équiper 4 kilomètres de route solaire pour alimenter tout l’éclairage public de la ville. Le coût des travaux est estimé à 93.000 euros.

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste