Les ventes de voitures neuves ont augmenté de 3% sur les six premiers mois de l'année en Europe, là où les experts économiques s'attendaient à un chiffre stable. En juin, les ventes ont même bondi de plus de 5%, après un mois de mai difficile. L'ACEA s'inquiète de fait pour la hausse des émissions moyennes de CO2.

 

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Le T-Roc de Volkswagen a participé à la dynamique de la marque allemande dont les ventes ont bondi
au premier semestre. 
Crédit : Volkswagen

 

Les immatriculations de voitures neuves ont enregistré une hausse de 5,2 % en juin dans les pays de l’Union européenne, à 1 569 067 unités, a annoncé l'association des constructeurs européens (Acea). Les résultats ont varié sur les grands marchés. La France, l’Espagne et l’Allemagne enregistrent des hausses respectives de 9,2 %, 8 % et 4,2 %, tandis que le Royaume-Uni et l’Italie ont subi des baisses de 3,5 % et 7,3 %. Sur les six premiers mois de l’année, le marché a progressé de 2,9 %, à 8 449 247 unités. 

 

Mais si les marchés sont en forme, les émissions de CO2 des véhicules neufs le sont aussi en ce premier semestre 2018.

 

L' association des constructeurs européens s'inquiète.

 

Du coup, l'Acea multiplie les mises en garde envers le législateur. Les taux d'émissions moyens de CO2 pour 2025 et 2030 vont d’ailleurs être décidés par Bruxelles dans les prochaines semaines, comme le site spécialisé dans l’automobile L'argus a pu en rendre compte le 26 juin dernier. 

 

L'association des constructeurs européens, présidée actuellement par Carlos Tavares voit toutefois d'un très mauvais oeil le fait que les constructeurs soient soumis à des quotas de ventes de « véhicules propres ». Rappelons que les constructeurs auraient injonction de vendre 15% de véhicules électriques ou hybrides entre 2025 et 2029 et 30% à compter de 2030. Or, tel qu'il est rédigé dans le règlement, cet objectif ne serait pas contraignant pour les constructeurs qui auraient notamment droit à des largesses en matière d'émissions de CO2 de leurs autres modèles « conventionnels », au cas où ils atteindraient les cibles qui leur ont été assignées en matière de véhicules dits propres.

 

Comme on le suppose le procédé déplaît beaucoup à l'Acea : "Pour situer le contexte, les voitures électriques ont représenté 0,7% du marché européen en 2017" explique l'association, "nous devrions donc passer de moins de 1% de ventes à l'heure actuelle à 30% en l'espace d'un peu moins de 12 ans. Et le Parlement propose même des objectifs encore plus ambitieux, de l'ordre de 50% !"

 

L'association des constructeurs dresse de simples constatations de marché: dans les pays d'Europe où le produit national brut est inférieur à 18 000€ par personne (Pologne, Croatie, Bulgarie, etc), "le marché des véhicules rechargeables est proche de 0%" tandis qu'il ne dépasserait pas "0,75% dans la moitié des Etats membres".

 

Conséquence de la proposition de règlement, "plus de 50% des voitures neuves vendues en Europe de l'ouest devraient être électriques de manière à respecter la moyenne de 30% proposée par la Commission pour 2030". Ces projections paraissent peu réalistes aux yeux de l'ACEA. "Une nouvelle étude présentée au Parlement montre que les objectifs de CO2 proposés par certains députés sont tout simplement impossibles à réaliser compte-tenu de des problèmes d'infrastructures" a fait savoir l'association.

 

Sources : pro.largus.fr, ACEA

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste