Marquant une stratégie en rupture, Uber souhaite se concentrer sur les vélos électriques et les scooters plutôt que sur les voitures pour les déplacements courts en ville. D’autre part, Toyota devrait investir 500 millions de dollars dans le géant du VTC afin que les deux entreprises rattrapent leur retard pour le développement des voitures autonomes.

 

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« Une voiture autonome Volvo acquise par Uber, à un carrefour de Scottsdale  (Arizona), en 2017 »

 

 

Première leçon, le géant du VTC ne fait plus des voitures le coeur de son activité. Dans une surprenante interview au Financial Times, le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi, explique que pour les trajets courts en centre-ville, les scooters, vélos électriques ou la trottinette sont des véhicules plus adaptés que la voiture. Particulièrement dans des villes congestionnées et polluées. "Pendant les heures de pointe, il est très inefficace qu'une masse de métal d'une tonne prenne une personne sur plusieurs pâtés de maison", a ainsi déclaré Dara  Khosrowshahi au Financial Times avec une indéniable sagacité.

 

L’orientation de la stratégie d’Uber marque un tournant

 

"Nous sommes en mesure de façonner le comportement d'une manière que ce soit une victoire pour l'utilisateur. C’est une victoire aussi pour la ville. Sur le plan financier à court terme, ce n'est peut-être pas une victoire pour nous, mais stratégiquement à long terme, nous pensons que c'est exactement ce que nous voulons faire", a-t-il ajouté. Cette déclaration sur la nouvelle vision d'Uber intervient alors que l'entreprise a prévu d'entrer en bourse en 2019 et tient donc à rassurer de potentiels actionnaires avec un modèle économique viable et compétitif.

 

L’orientation de cette stratégie semble aussi annoncer le futur des déplacements urbains axés prioritairement sur des modes « doux ».

 

Cela signifie tout simplement que la voiture n'a plus d'avenir en centre-ville parce qu’elle n'est pas adaptée à la mobilité urbaine telle qu’on la conçoit désormais.

 

D’après le Wall Street Journal, Toyota a par ailleurs annoncé ce mardi un investissement de 500 millions de dollars dans Uber afin de relancer le développement conjoint de technologies de voitures autonomes qui avait sérieusement marqué le pas. En effet, la société de service de VTC n'effectue plus d'essais sur les routes depuis l’accident qui a coûté la vie à une piétonne percutée par un SUV autonome dans l’Arizona en mars dernier et a suspendu son programme dans plusieurs états des États-Unis.

 

Les deux sociétés vont donc associer leurs technologies respectives dans des véhicules conçus par Toyota. « Le début des déploiements pilotes (auraient lieu) en 2021 », selon un communiqué du constructeur automobile japonais.

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste