L'Institut Français du Pétrole et des Energies Nouvelles a procédé pour le compte de l'Ademe à une étude segment par segment des motorisations les plus compétitives à l'horizon 2030. Les moteurs 100% électriques ne seraient pas la solution actuelle la plus pertinente. Alors quelles tendances envisager?

 

 

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« La Toyota Prius, une automobile hybride électrique produite par Toyota depuis 1997 » 

 

 

 

L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a récemment mené avec l’Ifpen (institut IFP Energies nouvelles) une étude afin de déterminer le meilleur moyen de réduire l’impact des transports sur l’environnement. Ce document compare la viabilité économique (coût de possession d’un véhicule en intégrant les éventuelles aides à l’achat) et l’intérêt écologique d’ici à 2030 de différents types de motorisations (diesel, à essence, hybride, électrique).

 

 

Premier enseignement de cette analyse intitulée « Étude économique, énergétique et environnementale pour les technologies du transport routier français », le tout-électrique ne semble pas être la solution idéale, contrairement à ce que beaucoup envisagent.

 

"La course à l'augmentation de l'autonomie est un point de vigilance, du point de vue des émissions de gaz à effet de serre qu'elle engendre mais aussi du point de vue de la rentabilité de la solution, ce qui pourrait à terme freiner son déploiement", préviennent les auteurs. Même s’il s'agit d'une solution "pertinente du point de vue écologique et pour réduire la pollution locale", l'Institut estime en contrepoint que « la rentabilité économique de ces solutions reste limitée actuellement ».

 

En revanche les solutions hybrides rechargeables, avec leurs batteries plus petites, présentent un moindre impact environnemental. "Pour les véhicules légers, les solutions PHEV (hybride rechargeable) semblent les solutions les plus pertinentes du point de vue de l'impact gaz à effet de serre, grâce à leur batterie de taille limitée parfaitement adaptée à l'usage majoritaire du véhicule" indique l'IFPEN qui rappelle que "leur rentabilité, sans aide à l'achat, reste néanmoins un verrou freinant actuellement leur déploiement".

 

Cela pourrait ne pas durer car d’après une enquête menée par le groupe Autovista, les modèles hybrides et hybrides rechargeables atteindront 53 % des ventes de véhicules neufs en Europe à l’horizon 2028.

 

L’avenir des modèles à essence et diesel semble compromis

 

Sur le segment qui cible des véhicules de type Renault Mégane, le rapport de  l'IFPEN est catégorique: "L'architecture hybride à dérivation de puissance est véritablement la plus intéressante du point de vue énergétique, limitant les consommations autour de 4l/100 km actuellement sur l'ensemble des conditions d'usage, mêmes urbaines. Cette conclusion renforce le choix de nombreux taxis d'utiliser ce type d'architecture intégrée dans les Toyota Prius par exemple" souligne l'Institut. 

 

Enfin, l’avenir des modèles à essence et diesel « semble compromis à horizon 2030 » commente le rapport. En particulier, « il semble que l’avenir du petit véhicule urbain soit promis au véhicule électrique », notent l’Ademe et l’Ifpen. 

 

Les véhicules hybrides semblent donc être l’alternative idéale mais il faut rappeler qu’ils ne représentent actuellement que 1% de l’offre totale en Europe.

 

Sources : ademe, ccfa, pro.largus.fr

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste