L'Union Européenne s'est dit prête à supprimer les droits de douane sur les importations d'automobiles américaines, à condition que "ce soit réciproque". Cela reste à démontrer car le bras de fer reprend après les déclarations de Donald Trump auprès de l'agence Bloomberg ce jeudi 30 août.

 

 

mercedes-benz-3645347_960_720.jpg

AutoPhotography/pixabay.com

 

Le président Donald Trump a ravivé jeudi, les craintes d'escalade de guerre commerciale entre l'Union européenne et les Etats-Unis dans un entretien accordé à l'agence Bloomberg News, considérant que l'offre de l’UE d'abandonner les tarifs douaniers sur les importations automobiles américaines n'était pas suffisante.

 

"Leurs consommateurs ont l'habitude d'acheter leurs voitures, pas d'acheter nos voitures" a commenté le président américain alors que fin juillet les deux parties négociaient un abaissement des barrières commerciales. Dans une formule dont il a le secret, il a ajouté un brin méprisant : "L'Union européenne est presque aussi terrible que la Chine, mais en plus petit".

 

M. Trump qui s'est souvent dit irrité par le fait de voir des Mercedes circuler dans les rues de New York, avait menacé d'imposer une taxe de 25 % sur les voitures importées. Il a aussi averti que son pays pourrait sortir de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

 

Tactiques de négociations

 

Mais l’Union européenne ne compte pas céder à l’intimidation de la première économie du monde. Si le président américain Donald Trump renforce les droits de douane contre les importations d'automobiles européennes, comme il a menacé de le faire jeudi "alors nous le ferons aussi", a déclaré le président de la Commission européenne M. Juncker à la chaîne allemande ZDF.

 

« Nous sommes prêts à réduire à zéro nos droits de douane même sur les automobiles si les États-Unis font de même. Il faut que ce soit réciproque », a renchéri jeudi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström devant une commission au Parlement européen. “Nous le ferons s’ils le font. Cela reste à voir”, a-t-elle avancé prudemment, ajoutant qu’elle espérait qu’un accord soit conclu avant la fin du mandat de l’actuelle Commission européenne, le 31 octobre 2019.

 

Le Canada fait lui aussi l'objet d'une menace de taxe sur ses voitures de l’administration Trump si Ottawa ne se joint pas à l'accord Etats-Unis-Mexique sur la modernisation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna). Les négociations se déroulent actuellement à Washington.

 

Sources : Reuters, AFP, lepoint.fr

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste