Le groupe VW utilisera l’impression 3D pour produire certaines pièces métalliques qui seront intégrées aux véhicules et accessoires de la marque dès 2019. D’après le constructeur, ce procédé pourrait permettre de diminuer de 30 à 40 % le poids d’une voiture. L’avenir de la fabrication additive semble tracé.

 

 

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L'avantage de la technologie 3D, au départ appliquée surtout au plastique, est de pouvoir s'adapter aux différentes pièces à produire.   
Source : pixabay.com/mohamed hassan

 

 

Comme d'autres constructeurs automobiles, Volkswagen mise sur l'impression 3D de pièces en métal pour produire des pièces finales dès 2019. C’est ce que le groupe a annoncé le 11 septembre au salon IMTS de Chicago.

 

"En collaboration avec HP et GKN, Volkswagen continue de développer la technologie de manière à permettre l’impression d’éléments de design en petite série pour commencer. C’est la condition préalable pour pouvoir produire sans trop d’effort des pièces individualisées, telles que des lettrages de hayon, des pommeaux de levier de vitesses spéciaux ou des clés portant un lettrage personnalisé pour les clients », commente le constructeur.

 

Martin Goede, chef de la planification et du développement technologique,  précise : « Nos clients attendent de plus en plus d’options de personnalisation. Parallèlement, la complexité augmente avec le nombre de nouveaux modèles. L’impression 3D joue alors un rôle particulièrement important dans la fabrication de pièces personnalisées ».

 

D’après Martin Goede, l’avantage de la fabrication additive est d’abord de pouvoir réaliser des formes complexes à moindre coût mais aussi d’alléger sensiblement le véhicule : "L’impression 3D métal pourrait nous permettre de diminuer de 30 à 40 % le poids d’une voiture".

Elle est aussi un gage de flexibilité de la chaîne de production avec des opérations moins complexes. Un autre avantage induit est la simplification de la logistique. Pour l’heure, les freins de l'impression 3D sont plutôt le coût de l’investissement et le délai de production. On pense aussi évidemment aux conséquences pour l’emploi chez les constructeurs et les sous traitants.

Une révolution industrielle s'annonce dans l'automobile

 

 

Selon VW, l'adoption à échelle industrielle de l'impression 3D va permettre de multiplier la productivité par 50 par rapport aux techniques habituelles. « Si un véhicule a peu de chances d’être intégralement fabriqué par une imprimante 3D dans un avenir proche, en revanche le nombre et la taille des pièces provenant de l’imprimante 3D augmenteront de manière significative », confirme Martin Goede. L’enjeu est colossal. Le groupe Volkswagen a vendu 875 300 véhicules en août (+ 6,8 %) et 7 302 500 véhicules sur les 8 premiers mois de l’année 2018 (+ 7,5 %).

 

 

Il ne faut donc pas être grand devin pour prédire que l'impression en trois dimensions pourrait transformer, voire révolutionner la construction automobile, notamment dans le but de réduire les temps de production et alléger les coûts. Actuellement, les grands fabricants du secteur créent plus de 100 000 pièces par an grâce à l’impression 3D et Ford estime que plus de 500 000 pièces de ses ateliers ont été créés via la fabrication additive.

 

Pour sa part, le groupe PSA a signé un partenariat stratégique avec l'entreprise Divergent SD, basée à Los Angeles et spécialiste de l'impression métallique en trois dimensions. C’est "la conception et la fabrication de l'ensemble de la structure du véhicule que le Groupe français et son partenaire espèrent transformer" affirme-t-on chez PSA. De son côté BMW ouvrira un centre dédié à la fabrication additive (plastique et métallique) en 2019.

 

Cette technologie est donc désormais bien ancrée dans les processus de fabrication. Un minibus a même pu voir le jour grâce à l’impression 3D : Olli, un véhicule à la fois connecté et intelligent qui a la capacité de transporter jusqu’à 12 personnes.

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste