Plus contraignant que la règle NEDC, le cycle WLTP (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure) prend en compte chaque équipement de chaque véhicule pour le calcul des émissions et révèle logiquement des rejets de CO2 plus importants. Avec ce report, la France signifie qu’elle a besoin de temps pour s'organiser.

 

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La prise en compte du grammage de CO2 des véhicules neufs selon le cycle WLTP devait intervenir en septembre 2019, mais le gouvernement français vient de confirmer son report dans un amendement voté dans la nuit du 22 octobre :

"Le système d’immatriculation des véhicules (SIV) est en cours de modification et ne pourra indiquer qu’à partir de fin 2019, la valeur d’émission réellement mesurée selon la méthode WLTP sur le certificat d’immatriculation".

 

Une nouvelle norme plus complexe mais plus réaliste

 

 

En clair, « l’Etat n’est pour le moment pas capable de sortir tous les CO2, donc de délivrer ce certificat de conformité électronique attaché au châssis du véhicule, et donc, in fine, d’immatriculer le véhicule selon le cycle WLTP », explique le chef du service marketing produit chez BMW France.

 

 

Il faut préciser que le nouveau protocole WLTP - qui s'applique pour l'homologation des voitures neuves- est basé sur des cycles de roulage au plus proche des conditions réelles d'utilisation, en termes de distance parcourue, vitesse moyenne, temps d'arrêt et température. En fait avec WLTP, tous les équipements influent sur le grammage de CO2. Autrement dit, à chaque configuration d’un même véhicule correspond un gramme personnalisé, attaché au certificat de conformité électronique.

 

 

Rappelons que lors du précédent protocole NEDC (New European Driving Cycle, soit nouveau cycle européen de conduite), le grammage d’un véhicule se basait sur trois seuls paramètres : le moteur, la boîte et la transmission, ce qui était évidemment beaucoup plus simple. Or, aujourd’hui les organismes d’homologation sont débordés et le marché automobile européen s’en trouve désorganisé.

 

 

Pour faire face, une méthode transitoire a été mise en place, une taxation basée sur le NEDC « corrélé » au WLTP. Elle sera en principe appliquée jusqu'à fin 2019. Mais pour certains observateurs du secteur, les données NEDC corrélées pourraient continuer à servir de référence jusqu’en 2021, afin d’éviter un bouleversement trop brusque du marché et laisser aux constructeurs et autorités le temps de s’adapter.

 

 

Enfin la phase transitoire « bénéficie » aussi aux consommateurs puisque la hausse du malus sera moins brutale.

 

Sources : ccfa, journalauto.com, boursorama, leblogauto, autoplus

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste