En attendant le projet de loi d'orientation des mobilités qui sera présenté d'ici fin novembre, la ministre des Transports Élisabeth Borne évoque les enjeux liés aux transports de demain et les défis auxquels les Français devront répondre pour sortir de la dépendance à la voiture individuelle.

 

 

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La future Loi d'orientation des mobilités (LOM) apportera aux collectivités une "boîte à outils" dans laquelle elles pourront piocher pour organiser les déplacements, par exemple encourager la pratique du vélo. C’est ce qu’a expliqué vendredi à l'AFP la ministre des Transports Élisabeth Borne.

 

Son objectif est "d'apporter des solutions, notamment en tirant parti des nouvelles mobilités dans tous les territoires (...), et d'éviter que les gens soient prisonniers de la voiture individuelle" même si elle tient à préciser que « le gouvernement ne mène pas une politique anti-voiture ». Ainsi est-elle « persuadée que dans beaucoup de territoires, elle reste la colonne vertébrale de la mobilité. Il faut simplement qu'elle soit plus propre, plus partagée et plus connectée, notamment pour mieux gérer les flux de circulation. C'est pourquoi nous avons renforcé la prime à la conversion pour accompagner cette transition. »

 

 

En définitive, pour la ministre, la LOM va donner "des modes d'emploi" pour les collectivités intéressées. Celles-ci décideront en particulier si elles souhaitent mettre en œuvre un « tarif de congestion » avec des péages par exemple. "On toilette des outils déjà existants, comme le péage urbain. On crée de nouveaux outils, notamment les zones à faible émission. On encourage le covoiturage, notamment avec la possibilité de mettre en place des voies réservées et les moyens de contrôle qui vont avec. Ce sont des outils. Ensuite, chacun, localement, appréciera ce dont il a besoin."

 

 

D’autre part, le sujet de la fiscalité écologique (la responsabilité de l’impact sur l'environnement) est à nouveau sur la table. « Il est légitime de se poser la question de la participation des poids lourds, notamment ceux en transit, au financement des infrastructures. J'ajoute que nous ne voulons pas refaire l'écotaxe et qu'il n'est pas question de faire payer les automobilistes », a ajouté à la tribune.fr Elisabeth Borne. La Ministre déléguée en charge des transports avait prévenu, en septembre 2017, au moment du lancement des assises de la mobilité en France qu’il fallait "trouver une façon de faire payer les poids lourds qui transitent par notre réseau sans participer à son financement".

 

 

Des véhicules électriques légers, dans l’air du temps

 

Signe des temps, la ministre note que de nombreuses villes demandent des règles pour les services de mobilité en libre-service et un encadrement des nouveaux engins de déplacement personnels, comme les trottinettes électriques.

 

En effet, les ventes explosent et pourtant ces engins légers électriques n’existent pas dans le Code de la route. La ministre des Transports veut y remédier : " (Ils) pourront circuler sur les pistes, les bandes cyclables mais nous ne pouvons pas laisser des engins circulant à 20 ou 30 Km/h mettre en danger la sécurité des piétons sur les trottoirs », a annoncé Élisabeth Borne pour qui "l'idée n'est évidemment pas de freiner leur développement, mais que ça se passe de façon harmonieuse".

 

La future loi devrait donc notamment établir un cadre réglementaire précis à l’utilisation en ville de ces engins de déplacements personnels (EDP) électriques. Plus concrètement, une nouvelle catégorie de véhicules au niveau du Code de la route va être introduite : les NVEI (nouveaux véhicules électriques individuels) qui incluent les roues, gyropodes et autres trottinettes électriques.

 

Bien sûr, cela vaut essentiellement pour les zones urbaines, mais "il n'y a pas que dans les grandes villes qu'on développe des nouvelles solutions", a-t-elle encore souligné en pointant les possibilités de réponses en termes de traitement du dernier kilomètre pour les citoyens, de développement du vélo, du covoiturage, de l'autopartage et autres modes alternatifs.

 

 

Actuellement examiné par le Conseil d’État, le projet de loi devrait être présenté d’ici fin novembre au Conseil des ministres.

 

Sources : afp, latribune.fr, lesechos.fr, msn.com,

Tags : France, projet de loi, transports, nouvelles mobilités, vélo, mobilité durable, infrastructures, taxe, écotaxe, poids lourds, covoiturage, autopartage

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste