Les immatriculations en Europe de l'Ouest ont baissé de 7,3% en octobre 2018, sur un an, d’après les données révélées par LMC Automotive. Les constructeurs pâtissent surtout du contrecoup de l’entrée en vigueur de normes d'émissions plus strictes qui avait provoqué une envolée artificielle des ventes cet été.

 

 

DR 6093.JPG
« Le protocole WLTP continue à peser sur les ventes de voitures neuves en Europe » Photo D.R

 

 

Les ventes de voitures neuves en Europe de l'Ouest sont tombées le mois dernier à 1,015 million d'unités contre 1,094 million un an plus tôt, indiquent les données publiées lundi par le cabinet spécialisé LMC Automative LMC qui a d’ailleurs réduit ses prévisions pour l'ensemble de l'année et pour 2019.

 

L'explication pourrait être l’entrée en vigueur au 1er septembre du nouveau protocole de tests dit WLTP (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test) dans l’UE qui a poussé des constructeurs comme Volkswagen et Renault à interrompre les livraisons de certains modèles non encore certifiés.

 

Ainsi, après un mois d’août sous le soleil, le marché automobile français est rattrapé par la grisaille. Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 1,52 % en octobre par rapport au même mois de 2017. Selon le relevé mensuel du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), 173 802 voitures particulières neuves ont été mises sur les routes de France au cours du mois dernier.

 

Pour relancer le secteur, le gouvernement français souhaite mettre l’accent sur la prime à la conversion qui peut atteindre 2 500 euros pour l’achat de véhicules électriques ou hybrides rechargeables à la place d’un véhicule diesel ancien.

 

Toujours en France, le prix moyen du litre de gazole a encore augmenté la semaine dernière, s’établissant à 1,515 euro (+ 0,4 centime). La hausse des taxes sur les carburants ne sera pas suspendue malgré la grogne des contribuables, a confirmé le 5 novembre le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, jugeant important d’avancer sur la voie de la transition écologique. « La bonne solution, ce n’est pas de revenir en arrière sur cette transition, c’est de l’accompagner […]. Nous ne devons pas renoncer à notre objectif d’avoir des transports moins polluants », a-t-il poursuivi.

 

Une baisse généralisée

 

La même tendance est observée en Espagne où les ventes de voitures et tout terrain ont reculé de 6,6 % en octobre à 88 410 unités, indique l’ANFAC (association des constructeurs) qui souligne que la baisse observée en octobre résulte manifestement de l’entrée en vigueur, le 1er septembre, des nouvelles normes WLTP. Comme en France, « les mois de juillet et août ont connu de très fortes hausses en prélude à cette nouvelle réglementation. »

 

En octobre en Espagne, la part du diesel s’établit à 32,8 %, celle de l’essence à 58,5 %, tandis que les véhicules électriques et hybrides ont progressé de 27 % en octobre et ont représenté 8,7 % des ventes à 8 000 unités.

 

Les immatriculations de voitures neuves en Italie ont également reculé de 7,4 % en octobre, à 146 655 unités, et de 3,2 % sur les dix premiers mois de 2018, indique l’ANFIA (Association des constructeurs d’automobiles en Italie). Il est à remarquer que les marques italiennes ont vu leurs ventes chuter de 16,2 % en octobre.

 

En Allemagne, 252 682 voitures neuves ont été immatriculées au mois d’octobre (- 7,4 %), selon les chiffres publiés par le KBA, office allemand de la motorisation. D’ailleurs, sur 2018, la production de véhicules en Allemagne diminuera vraisemblablement de 7 % (à 5,3 millions d’unités) et les exportations baisseront de 6 % (à 4,1 millions d’unités), selon les dernières prévisions du VDA (association de l’industrie automobile allemande).

 

Au Royaume-Uni 153 599 voitures neuves ont été immatriculées au mois d’octobre (- 2,9 %), selon les chiffres publiés par la SMMT (association des constructeurs britanniques).

 

Les immatriculations de voitures neuves en Belgique ont reculé de 15,2 % au mois d’octobre, à 36 894 unités, selon les chiffres publiés par la Fébiac (Fédération belge de l’automobile et du cycle). Enfin, le marché automobile en Suisse et au Liechtenstein a poursuivi son ralentissement en octobre, les immatriculations de voitures neuves ayant décliné de 7,8% sur un an à 22 788 unités, a annoncé vendredi dernier la fédération sectorielle Auto-Suisse.

 

 

Le marché automobile européen est donc encore au ralenti. Au delà du « syndrome WLTP », la conjoncture complexe se traduit par une absence de visibilité pour le consommateur. Les taxes sur les carburants vont-elles encore s'alourdir dans les prochains mois ? Quel impact aura la nouvelle norme sur les consommations officielles et donc sur l'écomalus ? À ces questions, l'automobiliste cherche les réponses que les constructeurs sont bien en peine de lui fournir.

 

Sources : Reuters, AFP, ccfa, lesechos.fr, automobilwoche

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste