La colère des automobilistes monte en France en même temps que les tarifs à la pompe. Le prix du gazole a bondi de 23 % en un an, de plus de 5 % depuis le mois dernier. Le gouvernement n'entend toutefois pas diminuer les taxes sur les carburants qui doivent accompagner la transition énergétique.

 

«On ne va pas annuler la taxe carbone. Nous n'allons pas changer de pied, nous n'allons pas renoncer à être à la hauteur de cet enjeu climatique qui est considérable", a déclaré mercredi matin Edouard Philippe.

 

Afin de compenser la hausse du prix des carburants, le Premier ministre a dévoilé, au micro de la radio RTL, une série de mesures susceptible d’alléger la facture énergétique des Français, notamment une "super prime" à la conversion de 4.000 euros, pour l'achat d'un véhicule par les automobilistes les plus modestes. Le gouvernement a également prévu d'aider les "gros rouleurs" en élargissant l'indemnité kilométrique aux petites cylindrées.

 

Édouard Philippe a par ailleurs mis en garde mercredi ceux qu’on appelle désormais les « gilets jaunes »  qui vont manifester samedi, contre les blocages des routes, rappelant que "la loi s'applique" et que "l'entrave à la circulation, c'est sanctionné".

 

Concilier transition écologique et justice sociale

 

Comme le rapporte le journal Ouest-France.fr « des associations de lutte contre la pauvreté et de défense de l’environnement ont approuvé ce mercredi le maintien de la taxe sur les carburants, estimant les mesures d’accompagnement bienvenues mais insuffisantes et à trop court terme.

 

« Le WWF France salue le maintien de la fiscalité anti-pollution mais regrette que les mesures ne soient pas plus ciblées sur la réduction de notre dépendance et de notre vulnérabilité au pétrole qui enferme les Français, et notamment les plus vulnérables, dans un cercle vicieux », a ainsi déclaré le directeur général de l’ONG Pascal Canfin.

 

Un certain nombre d’organismes ou syndicat tels le WWF, la CFDT ou encore la Fédération des associations des usagers des transports (FNAUT), ont signé un manifeste publié ce mercredi qui appelle à « concilier transition écologique et justice sociale ».

 

« Il est temps de s’attaquer aux racines du problème qui nous enferment dans le piège du pétrole », écrivent-ils dans ce manifeste tandis que l’abondance de l’offre d’or noir a comme ironiquement plombé de façon spectaculaire les cours mardi.

 

De son côté vent debout, la majorité sénatoriale de droite s'apprête à proposer l'abandon de la hausse des taxes sur le diesel et l'essence pour l'année 2019. Cette augmentation doit atteindre 10 centimes pour l'essence et 19 centimes pour le diesel d'ici 2022.

 

La taxe carbone va probablement encore continuer d'augmenter chaque année jusqu'en 2030, cependant, pour l’opposition de droite elle est à l'origine de cette montée des prix et n'a pas d'efficacité sur l'environnement, mais devrait rapporter en 2018 plusieurs milliards d'euros à l'État. Pour quel bénéfice concret?

 

Selon le rapporteur général LR Albéric de Montgolfier, sur les 37,7 milliards d'euros de recettes attendues l'an prochain grâce à cette taxe, seuls 7,2 milliards seront affectés à la transition écologique.

 

 

Par Didier ROUGEYRON, journaliste