0 Replies Latest reply on Nov 12, 2014 12:00 PM by Bénédicte Meurisse

    Les embouteillages ont un coût économique de plus en plus lourd

    Bénédicte Meurisse

      D’après une étude réalisée par le fournisseur d’info trafic Inrix dévoilée à la mi-octobre, le coût annuel des embouteillages en France – 17 milliards d’euros en 2013 - dépasse déjà le trou de la Sécu – 12,5 milliards d’euros l’an dernier - et va encore exploser dans les quinze ans à venir. Il pourrait ainsi augmenter de 30 % d’ici à 2030, pour atteindre 22 milliards d’euros (soit 2 380 euros pour un foyer français, contre 1 943 euros en 2013). Pour réaliser cette étude, Inrix, qui prévoit « une intensification significative du trafic routier à l’échelle nationale dans les quinze prochaines années », a pris en compte les coûts directs et indirects des bouchons sur l’économie : carburant gaspillé, usure accrue des véhicules et heures de production perdues par les entreprises. La société prévoit que le nombre de véhicules en circulation devrait augmenter de 14 % entre 2013 et 2030. « Les prévisions tablent sur un parc de 35 millions de voitures, contre 30,8 aujourd’hui », souligne Thibault Peulen, porte-parole d’Inrix, ajoutant que « la société française doit aussi passer de 64 à 72 millions d’habitants » et que le PIB par habitant « devrait croître de 25 %, ce qui favorisera la demande en automobiles des français.

      A Paris, Inrix calcule que le coût des embouteillages devrait s’envoler car le revenu par habitant va y augmenter plus vite que dans les autres villes. « Or, cela va entraîner une demande plus forte de véhicules, d’autant que leur coût va baisser et la population augmenter », explique la société. La mairie considère que le développement des transports en commun et de l’autopartage contribuera au contraire à faire baisser le trafic d’ici à 2030 ; elle estime notamment qu’une « Autolib’ remplace huit voitures ».

      Au niveau national, Fabien Leurent, directeur adjoint du laboratoire Ville Mobilité Transport, estime que la facture ne sera pas aussi élevée que le prévoit Inrix, « car les jeunes actifs se déplacent moins que leurs aînés ». Mais les routes pourraient ne pas être fluides avant 2050, date à laquelle l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) prévoit que le nombre de véhicules en France se réduira de 35 à 22 millions d’unités.

       

      Zoom eco CCFA du 12/11/2014