10 Replies Latest reply on Jun 4, 2015 7:50 AM by Philippe Baronti

    plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....

    Bénédicte Meurisse

      Des vignettes de couleur pour signaler le taux de pollution de chaque véhicule, et des mesures "radicales" demandées aux villes: Ségolène Royal a présenté mardi son plan pour la qualité de l'air, première préoccupation environnementale des Français.

       

      Mis en place à partir de janvier, ces certificats, apposés sur le pare-brise, seront destinés à "favoriser les véhicules moins polluants" en permettant à leurs utilisateurs d'avoir des avantages pour l'accès ou la circulation en centre-ville. Ces facilités seront décidées par les maires.

      L'acquisition de ces pastilles, auprès du service d'immatriculation des véhicules et gratuite les six premiers mois (5 euros ensuite), se fera sur la base du volontariat, a insisté la ministre de l'Ecologie, fidèle à son principe de l'"écologie positive".

      "C'est une dynamique positive: c'est efficace parce que les gens vont faire leurs calculs et voir que c'est gagnant" d'opter pour un véhicule moins polluant, dit-elle: parce que "vous faites des économies d'entretien et d'essence, et que vous avez le stationnement gratuit, vous allez pouvoir circuler dans les zones à circulation réduite, ou en cas de pic de pollution, etc".

      Les véhicules seront classés de un à six, des moins aux plus polluants (oxydes d’azote, particules). Les vignettes seront de couleurs différentes selon leur statut, par exemple vert en catégorie 1 (normes Euro 5 et 6 pour les véhicules à essence à partir du 1er janvier 2011) ou gris en catégorie 6 (véhicules diesel ou essence avant décembre 1996). Les véhicules électriques sont "hors concours", en bleu. De fait, les véhicules sans pastille ne pourront bénéficier des accès réduits.

      Elaboré avec le ministère de l'Intérieur, ce dispositif, lointain héritier de la "pastille verte" des années 90, avait été annoncé en février dans la "feuille de route écologique" du gouvernement.

      Il permettra notamment aux collectivités de gérer la circulation dans leurs centres urbains, grâce aux "zones à circulation restreinte" que la loi sur la transition énergétique leur permet désormais de créer.

      Des zones à accès limité existent déjà dans quelque 200 villes d'Europe, depuis de nombreuses années.

      'nouvelle civilisation'

      Le principe de la pastille est d'ailleurs utilisé en Allemagne, au Danemark ou en Italie, souligne le ministère qui rappelle qu'en ville la pollution atmosphérique, et notamment celle liée aux particules fines, provient largement du trafic routier.

      Cette situation entraîne chaque année une augmentation des maladies respiratoires et cardio-vasculaires. L'OMS a classé le diesel comme cancérogène certain, les émissions des moteurs essence comme cancérogènes probables.

      La ministre a aussi annoncé mardi le lancement d'un appel à projets pour "faire émerger des villes laboratoires" dans la lutte pour la qualité de l'air.

      L'idée est de soutenir des villes volontaires mettant en oeuvre des mesures "exemplaires", "afin de garantir, dans un délai de cinq ans, un air sain aux populations".

      Les collectivités devront envoyer leur candidature avant le 5 septembre. La liste des lauréats, qui recevront un premier apport d'un million d'euros, sera annoncée fin septembre.

      Ils devront s'engager "à mettre en oeuvre des mesures radicales dans le domaine de la mobilité" mais également résidentiel, industriel et agricole. Ils devront notamment créer ou préfigurer une zone à circulation restreinte, et "faciliter le développement de la mobilité électrique", le programme visant aussi à "éliminer en cinq ans le diesel".

      "L'idée est de changer la civilisation de la ville, et de donner aux municipalités, dont je salue le travail, la possibilité de prendre à bras le corps ce problème majeur de santé publique", a expliqué Mme Royal.

      Pendant cinq ans, les collectivités bénéficieront d'un appui, notamment financier.

      "Elles sont obligées de s'engager" car plusieurs agglomérations comme Paris et Marseille sont concernées par une injonction européenne pour dépassement des valeurs limites sur les particules, a prévenu Mme Royal. "Les habitants sont de plus en plus sensibles à ce problème", a-t-elle noté.

      A Paris, la maire Anne Hidalgo (PS) avait dévoilé en janvier un plan prévoyant une zone interdite en journée, dès l'été, aux cars et aux poids lourds de plus de 14 ans.

      Une polémique l'avait opposée en mars à Mme Royal, réticente à instaurer la circulation alternée. Un nouvel arrêté sur la gestion des pics sera pris prochainement, a indiqué mardi la ministre.

      Par Catherine HOURS© 2015 AFP

       

       

      Source : Plan anti-pollution: des pastilles pour les voitures, les villes appelées à agir - 02/06/2015 - La Nouvelle République F…

        • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
          Bénédicte Meurisse

          Que pensez vous du fait que ce système soit basé sur le volontariat??

            • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
              Didier Rougeyron

              Merci d'ouvrir ce débat Bénédicte Meurisse! Sur la base du volontariat, à mon avis cela revient à octroyer des avantages à certains véhicules (estampillés) sur les autres, donc créer des privilèges, ou en ajouter à des automobilistes pas forcément plus vertueux mais plus confortables. Les détracteurs parlent de « plan gadget » après l’abandon regrettable de la taxe poids lourds, ou donc de « mesure discriminatoire » avec un effet stigmatisant. Certes, c’est sûrement insuffisant et un brin candide mais qui propose mieux ? Je préfère cette option à un péage à l’entrée de la ville comme à Londres. Le lancement d’un appel à projets pour « faire émerger des villes laboratoires » dans la lutte pour la qualité de l’air me paraît une idée intéressante.

                • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
                  Bénédicte Meurisse

                  Merci Didier Rougeyron pour votre réponse!

                  Je suis assez d'accord sur l'intérêt de faire émerger des villes laboratoires.....

                  Concernant la pastille et la comparaison avec le péage de Londres.....une question me vient à l'esprit: le prix de 5 euros couvre quelle période???

                    • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
                      Didier Rougeyron

                      Bénédicte, si je comprends votre interrogation, de mon point de vue ce n'est pas tant une question de tarif que d'accès sélectif à certaines zones urbaines. Dans les deux cas, vous courez le risque de catégoriser la population en créant des usagers VIP en capacité de répondre à de nombreuses contraintes (via une barrière symbolique ou tarifaire) et d’autres ayant le sentiment d’être exclus ou montrés du doigt ou de porter un effort supplémentaire, même pour 5 euros! D’ailleurs la pastille en dépit de son prix modéré ne fait pas l’unanimité. Clermont et Aix disent déjà non à des zones réservées aux voitures propres ou à des restrictions pour les vieux véhicules, préférant développer leurs propres solutions anti-pollution. Inciter à utiliser les transports en commun en offrant le ticket à certaines heures sur certains trajets me semble une bonne réponse, pourquoi pas avec la participation de l'État?

                        • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
                          Bénédicte Meurisse

                          Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'au delà du tarif en lui même, le fait de faire payer les usagers des VP est "critiquable"....

                          dès lors que l'on sait que les détenteurs de VP anciens (et donc polluants) sont le plus souvent ceux aux revenus les plus bas, ou encore ceux étant contraints d'utiliser la VP (manque de TC dans leur zone d'habitation....)

                           

                          Encourager l'usage des TC est une bonne solution....mais doit-elle être considérée comme une solution alternative à celle de "découragement de la VP" ou comme une solution complémentaire......?? (l'impact de ces deux solutions sur les dépenses publiques étant totalement opposé, peut-être doit-on aller vers un paquet de solutions combinant les 2 approches??)

                            • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
                              Didier Rougeyron

                              Les initiatives combinées et inscrites dans le long terme sont en effet nécessaires pour diminuer la congestion et la pollution, comme par exemple: circulation alternée, baisse de la vitesse maximale autorisée dans certaines zones, circulation restreinte des poids lourds et véhicules encombrants dans les centres-villes, gratuité des services du style Vélib’ et Autolib’, encouragement des modes doux pour les déplacements de proximité, forte incitation à partager son véhicule (une mesure qui d'après moi n'est pas assez valorisée), mais aussi en multipliant les messages à caractère pédagogique pour une conduite apaisée en ville... En limitant les freinages soudains et les accélérations brutales d'une conduite à vive allure, ramener la vitesse à 30 km/h entraîne une diminution notable de la consommation de carburant et des émissions d’oxydes d’azote et de particules. Donc oui on doit aller aller vers un paquet de solutions combinant des approches complémentaires, à la fois pour obtenir une meilleure qualité de l'air et nous rendre l'usage de la ville plus agréable. D'ailleurs je trouve qu'on ne parle pas assez du bruit et de son impact sur la qualité de vie, la santé des "urbains"...

                    • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
                      Didier Rougeyron

                      À propos de qualité de l’air, pastille ou pas il y' a évidemment d'autres solutions pour se déplacer en ville, je veux dire pour l'usager lambda. La voiture est dans la plupart des cas un mauvais réflexe. Je préfère de loin une incitation à utiliser les transports en commun et les modes doux.

                      • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....

                        Bénédicte, c'est ce qui est suprenant, le péage de Londres coûte 11.5 livre quotidiennement, ce qui rend les 5 euros par pastille négligeables en comparaison. Les pastilles elles-mêmes n'ont aucun intérêt, ce sont les avantages qu'elles conféreraient qui seraient incitatif à la mobilité durable. Dans un cas c'est une désincitation par taxe, et dans l'autre une incitation par avantage.

                        • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
                          Philippe Baronti

                          Bénédicte Meurisse, Didier Rougeyron, il me vient à l'esprit une question que je souhaite vous poser:

                          Quelle est la différence entre un énarque et un train qui déraille ?".

                          Je vous propose de vous donner la réponse un peu plus tard (un peu de suspense) et vous verrez qu'il y a un lien avec le sujet de Bénédicte ou tout du moins comment je perçois le sujet ;-) N'hésitez pas à me proposer des réponses.

                            • Re: plan anti pollution : des pastilles pour les voitures.....
                              Philippe Baronti

                              Bon, pas d'idées ?

                              La différence c'est que seul le train s'arrête ...

                              Je pense que sur le principe de vouloir promouvoir les véhicules propres (ou moins poluants) l'idée est bonne. En ce qui concerne la complexité de la mesure, je suis plus partagé. Pourquoi vouloir toujours faire compliqué ? Pour traiter les cas particuliers ? Pour répondre aux lobbies ? C'est dans la culture de nos gouvernants ?

                              Espérons que ce ne sera pas trop couteux, que cela ne va pas encore plus compliqué la vie de nos maires, des services de police et des citoyens qui vont devoir faire avec (ou sans).

                              Comme Didier Rougeyron j'ai en effet entendu que certaines villes refuseraient d'utiliser ce système (Clermont-Ferrand en fait partie).

                              A suivre ...