4 Replies Latest reply on Dec 8, 2017 9:49 PM by KOUASSI BENJAMIN LAURENT DIBY

    LA BELLE HISTOIRE DES GBAKAS COURT-ELLE VERS SA FIN À BOUAKÉ ?

    Elisé ZAMBLE
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      Les gbakas, minibus de 18 à 25 places, sont apparus à Bouaké en 1979 pour faire face à la régression brutale de l’offre des taxis collectifs dans un contexte de forte urbanisation et d’étalement urbain. Avec une ligne au départ, ils sont parvenus à couvrir tout l’espace urbain à travers 13 lignes irriguées par 530 véhicules en 2000. Leur rôle dans les déplacements urbains est essentiel car ils relient les quartiers périphériques éloignés, difficiles d’accès et très souvent sous-équipés au centre-ville à des tarifs imbattables. Sachant qu’à Bouaké, la centralité géographique coïncide avec la centralité fonctionnelle, ces gbakas contribuent à l’intégration socio-économique des nouveaux quartiers qu’ils desservent.

      Cependant, depuis la crise militaro-politique (2002-2011) qui a marqué un coup d’arrêt aux activités urbaines à Bouaké, les gbakas peinent aujourd’hui à se refaire une place dans les transports collectifs. En effet, seules 06 lignes fonctionnent encore pour un parc de 89 véhicules. Bien que le tarif de 100 FCFA soit très concurrentiel par rapport à la moyenne de 200 FCFA du secteur, ce mode est encore loin de rivaliser avec les taxis collectifs et taxis-motos. Pire, la rentabilité quasi-nulle de l’activité empêche tout renouvellement du parc. Ici, ce sont les carcasses qui sont remis sommairement en marche. Les conditions de voyage s’en trouvent pénibles pour les usagers avec des risques de blessures et courbatures bien réels.

      Au total, dans un système désormais très concurrentiel, le gbaka apparaît impuissant face aux deux autres modes au fonctionnement flexible et disposant de marges de manœuvre pour réduire les coûts de production. L’avenir semble donc plus qu’incertain pour ces gbakas qui facilitent pourtant la mobilité des populations pauvres des périphéries de plus en plus éloignées du centre-ville; lieu de la plupart des aménités urbaines à Bouaké.

        • Re: LA BELLE HISTOIRE DES GBAKAS COURT-ELLE VERS SA FIN À BOUAKÉ ?
          Kouamé Serge KOUAKOU

          Je suis parfaitement d'avis avec toi cher Elisé ZAMBLE. Aujourd'hui les gbakas de Bouaké sont dans un état délabrement avancé à tel enseigne que l'on se demande si leur avenir n'est pas incertain dans l'univers du transport collectif à Bouaké. Un ami me disait qu'il n'ose pas emprunter ces engins car pour lui, c'est dans fer mort que nous montons. Effectivement, il a raison car l'insalubrité dans laquelle se trouve ces véhicule démontre déjà l'absence de maintenance à la base. L'image montre bien les difficultés du secteur. Pour résister aux autres moyens de transport, les propriétaires des gbakas gagneraient à moderniser  et renouveler les  véhicules et faire un suivi. La concurrence est très rude, alors seul l'inscription dans un long terme permettra aux gbakas d'exister dans ce milieu de mobilité. Merci cher frère pour cet article d'actualité.

          • Re: LA BELLE HISTOIRE DES GBAKAS COURT-ELLE VERS SA FIN À BOUAKÉ ?
            Ramatou YEOH

            Merci Zamblé pour cette publication, ce que vous évoquez dans cet article est très intéressant et un fait marquant la ville de Bouaké. Il faut dire que la Gkakas roulent dans les conditions très pénibles exposant la vie des populations de la ville de Bouaké. Il faut dire que moi même j'ai arrêté d'utiliser ces engins suite à leur morphologie. Ces engins de circulation ne sont pas de qualité et posent un véritable problème de maintenance.

            Que faire pour réintégrer ces engins de transport dans la mobilité urbaine de Bouaké?

            • Re: LA BELLE HISTOIRE DES GBAKAS COURT-ELLE VERS SA FIN À BOUAKÉ ?
              KOUASSI BENJAMIN LAURENT DIBY

              Merci Elisé ZAMBLE pour ce beaux article. Il faut dire que la réalité est nette. Il faut dire que le parc automobile de ces véhicules se réduit au fil du temps. Sur la ligne d'Ahougnansou, l'on ne décompte  que 4 gbakas aujourd'hui contre 6 en 2013-2014. Si cette situation évolue dans cette perspective nous n'aurons plus de gbaka sur la ligne à l'horizon 2025