3 Replies Latest reply on Feb 15, 2018 11:59 PM by Kouamé Serge KOUAKOU

    L’OMA, promoteur de la mobilité durable à travers  sa 1ere table ronde sur la maintenance automobile en Côte d’Ivoire

    Kouamé Sylvestre KOUASSI

      Le 21 décembre 2017, s’est tenue à l’hôtel  Ivotel, dans la commune du Plateau à Abidjan-Côte d’Ivoire, la 1ere table ronde de l’Observatoire des Mobilités Africaines autour du thème « Comment faire évoluer la maintenance automobile pour une mobilité durable en Côte d’Ivoire?». L’événement s’est déroulé en trois grandes phases : (1) la présentation de l’OMA et ses Objectifs, (2) un panel (3) suivi d’un travail en atelier sur le thème.  Plusieurs acteurs de la mobilité en Côte d’Ivoire ont participé à cette table ronde au nombre desquels figuraient les pouvoirs publics (Ministère du transport, Ministère du commerce, la SICTA  …), les acteurs opérationnels (syndicats des ferrailleurs et des garagistes artisanaux,  garagistes professionnels, les sociétés privées et publiques de transport urbain et interurbain représentées par  UTB, Africab), des enseignants et chercheurs, les communautés digitales et les usagers.

       

      Après la brève présentation de l’OMA, des participants ont posé des préoccupations qui portent notamment sur le statut juridique de l’OMA, l’avenir de l’OMA au regard d’heureuses initiatives de ce genre mais très rapidement écourtées qui n’encouragent plus à se mobiliser autour de ce type d’entreprises et, l’implication de certains acteurs comme le Ministère de l’Environnement pour prendre en compte tous les aspects de la durabilité. Le Directeur de l’OMA, Dr Kouassi, a tenté de donner quelques éléments de réponse à ces interrogations.

       

      A la suite, le panel a été ouvert avec les intervenants suivants :

      • Monsieur Fofana Karime (Chef du service de transport terrestre du Ministère du transport)
      • M Patrick Gbougnon (Responsable Technique Adjoint de la SICTA)
      • M Konaté Souleymane (Président de la Coopérative des garagistes de Côte d’Ivoire)
      • M Louis Freddy Yapi (Directeur Général du garage professionnel AOC)
      • M Kouassi Fulgence (représentant le Chef du Département Technique de la compagnie de transport interurbain UTB).

                                         Vue du panel avec les différents intervenants

       

      Après la visualisation de deux vidéos sur l’état des véhicules en Côte d’Ivoire (https://www.youtube.com/watch?v=p_FDnOphZFM) et la digitalisation de la maintenance automobile en Afrique (https://www.youtube.com/watch?v=w_beb10n93U), chaque panéliste a eu un temps de parole de 5 à 7mn pour présenter les enjeux de la maintenance automobile dans son secteur d’activité et, de proposer les évolutions nécessaires pour faire face aux enjeux actuels et futurs pour une maintenance automobile au service de la mobilité durable.

       

      Selon M. Fofana du  Ministère des transports, le rôle du ministère peut se percevoir à deux niveaux (institutionnel et opérationnel). Au niveau institutionnel, l’Etat propose des lois pour améliorer les conditions de mobilité des populations. C’est le cas de la récente disposition portant sur la limitation de l’âge des véhicules importés en Côte d’Ivoire. Au second niveau, il s’agit de créer les conditions de la mise en place des moyens de transport public et de masse de plus en plus innovants. Dans ce sens, l’Etat s’est engagé dans le renforcement du parc de transport des populations avec notamment le projet d’acquisition de 2500 bus pour la Sotra. S’agissant de la maintenance, l’Etat ivoirien projette incessamment d'insérer la maintenance préventive à travers la mécanique élémentaire dans les programmes de formation des autos écoles ; ce qui permettra à l’automobiliste de faire face aux premiers problèmes de maintenance de son véhicule. Pour M Fofana, la principale difficulté du secteur est la trop grande informalisation du secteur de la maintenance automobile en CI avec le non payement d’impôt, ce qui ne facilite pas leur prise en compte par les services de l’Etat. Pour conclure, M Fofana souligne que le principal défi de la maintenance en Côte d’Ivoire est la formation des acteurs, c'est-à-dire les usagers, les mécaniciens, chauffeurs, et autres.

      M. Yapi, Directeur du garage professionnel AOC, à quant à lui mis l’accent sur le manque d’organisation et de franche collaboration entre les acteurs du domaine de la maintenance (concessionnaires, garages professionnel et informel), qui mettent à mal l’évolution du secteur. Il a ainsi déploré la non disponibilité des pièces de rechange des véhicules souvent chez les concessionnaires et la non reconnaissance, par ces derniers, de la maintenance automobile faite dans les garages professionnels. Il a donc souhaité une réelle collaboration entre les différents acteurs notamment entre les garages professionnels et les concessionnaires pour faciliter la maintenance automobile des usagers.

       

      M Konaté Souleymane, Président de la coopérative des garagistes de CI, a précisé qu’en dépit de tous les noms qui leurs sont attribués (garages informels, artisanaux),  ils entretiennent plus de 80% des véhicules sur le territoire ivoirien. D’où leur importance dans la maintenance automobile en Côte d’Ivoire. Cependant, il a relevé le problème de formation de ses adhérents (renforcement des capacités  surtout à l’électronique) car la plupart des garagistes qui exercent aujourd’hui ont appris le métier depuis 20-25 ans. Cette formation actuelle à l’électronique requiert pourtant une bonne formation de base que n’ont pas la quasi-totalité des garagistes en raison de leur faible niveau d’instruction. Face donc à cet enjeu crucial de la formation, l’Union Européenne a formé ces dernières années 25 garagistes informels qui seront chargés de relayer cette formation auprès des autres garagistes. Dans ce sens, M Konaté a souhaité que l’Etat poursuive cette initiative de l’UE par l’alphabétisation des garagistes et des formations pour le recyclage de ces derniers. M. Konaté a donc lancé un appel à l’Etat ivoirien et aux institutions en vue d’une aide à la formation.

       

      Fortement indexé par les éléments visualisés à l’entame du panel, M. Patrick Gbougnon de la SICTA, a indiqué que, sur environ 1.000.000 de véhicules en circulation en Côte d’Ivoire, seulement 300.000 se soumettent à la visite technique. Une situation qu’il juge déplorable au regard de l’état du parc automobile ivoirien. Pour les 700.000 qui refusent de se soumettre à la visite technique, ce sont les autres acteurs régulateurs comme les forces de sécurité, le ministère du transport qui sont chargés de les y contraindre. Il encourage donc tous les usagers à la visite technique car la SICTA est l’arbitre entre l’automobiliste et le garagiste. La SICTA juge de la qualité de la maintenance effectuée par les garagistes. Pour la SICTA, le principal problème auquel fait face aujourd’hui le secteur de la maintenance est celui du manque de formation des garagistes lié à l’évolution des véhicules de plus en plus innovants comme les hybrides qui nécessitent un fort niveau de connaissance de ces engins. Il préconise donc la formation des acteurs de la maintenance notamment informelle. Il encourage également les usagers à la visite technique à travers les facilitations actuelles qu’offrent la SICTA à travers le diagnostic des véhicules à un coût de 9900F qui peut se muer très facilement en une véritable visite technique. Il s’agit là d’une grande évolution pour encourager la maintenance préventive.

       

      Pour sa part, M Kouassi de la compagnie de transport interurbain et inter-état UTB a indiqué que la compagnie dispose d’un parc de 200 cars. Un département technique est chargé d’assurer la maintenance de ce parc à travers 3 grands ateliers (Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro). Il a donc  souligné que la force de la compagnie UTB réside d’une part, dans la maintenance intégrée avec des mécaniciens formés dans les écoles adaptées avec certains ayant appris sur le tas et d’autre part,  le contrôle préventif effectué tous les 10.000 km ; ce qui limite de plus en plus les accidents.

       

      Les échanges qui ont suivi la présentation des panelistes ont mis en évidence la formation comme le principal enjeu de l’évolution du secteur de la maintenance automobile en CI. Cette formation doit prendre en compte outre les aspects liés à l’électronique, ceux de la pollution et donc des nouvelles sources d’énergies non polluantes pour favoriser la mobilité durable attendue. L’Etat est fortement sollicité pour la formation des garagistes à travers la construction de centres techniques. Il est également attendu pour la sensibilisation et l’éducation des usagers pour un changement de mentalités vis-à-vis de la maintenance notamment la maintenance préventive. Cette action doit être soutenue par les autres acteurs comme les opérateurs privés ainsi que les partenaires techniques et financiers.  

       

      La dernière partie de l’événement a été le travail en ateliers avec la constitution de 4 ateliers avec des jeux de rôle:  (1) des pouvoirs publics, (2) des usagers, (3) les partenaires techniques et financiers et (4) les opérateurs de la maintenance.

                               Travail en atelier sous la supervision de l’équipe OMA

       

      Il ressort des travaux de ces différents ateliers les résultats suivants :

       

       

      • Les pouvoirs publics
        (institutionnels)

      Les enjeux de la maintenance automobile sont :

      La sécurité routière, l’environnement, la santé, la fluidité et l’économie.

      Les freins à l’évolution souhaitée de la maintenance sont :

      L’évolution des acteurs de la maintenance le plus souvent dans l’informel

      L’installation anarchique d’où le problème d’identification et de géolocalisation des garages

      Le manque de formation des acteurs de la maintenance.

      L’ignorance des acteurs de l’existence de structures spécialisées

      Les actions prioritaires pour les pouvoirs publics à mettre en œuvre pour une maintenance au service de la mobilité durable :

      La professionnalisation du métier de la maintenance.

      La formation et le renforcement des capacités des acteurs de la maintenance.

      La vulgarisation des structures spécialisées mises à la disposition des acteurs de la maintenance.

       

      • Partenaires techniques et financiers

      Les enjeux de la maintenance pour les partenaires financiers sont :

      La sécurisation de l’investissement (les assureurs), la rentabilité, le suivi et l’évaluation, l’implication des financiers à la bonne formation de la maintenance des véhicules.

      Les freins à l’évolution souhaitée de la maintenance :

      Le niveau de formation des acteurs de la maintenance.

      La mutation technologique, le manque d’adaptation à l’évolution technologique.

      Le mauvais état des routes, l’incivisme des conducteurs, le coût élevé de la maintenance, l'indisponibilité et le coût élevé des pièces de rechanges.

      La non application des réglementations institutionnelles et juridiques.

      Les actions prioritaires pour les partenaires financiers

      La formation et l’information des acteurs de la maintenance.

      La synergie entre tous les ministères impliqués.

      L’implication de la SICTA dans le référentiel de la formation des maintenanciers.

      La sensibilisation et l’éducation de la population aux bonnes pratiques de la maintenance.

      La construction des infrastructures de bonne qualité.

       

      • Les usagers

      Les enjeux de la maintenance automobile pour les usagers :

      La qualité de la maintenance pour la sécurisation des engins,

      La réduction des coûts de la maintenance.

      Les freins à l’évolution souhaitée de la maintenance pour les usagers :

      Manque de formation des acteurs,  la faiblesse de l’outillage,  le manque d’équipements modernes.

      Les actions prioritaires

      Faire la formation des acteurs (sites de formations, équiper les acteurs de matériels de qualité avec des formateurs qualifiés).

       

      • Operateurs dans la maintenance

      Les enjeux de la maintenance :

      Mettre leurs compétences au niveau de l’évolution technologique (formation, renforcement de capacités,
      recyclage)

      Les freins à l’évolution souhaitée :

      L’illettrisme, le manque de renforcement de capacités, le manque d’équipement et outillage adéquats, l'indisponibilités des pièces détachées.

      Les actions prioritaires :

      La formation et le recyclage, l'aide à la formalisation du secteur (installation).

       

      La 1ère table ronde a pris fin dans un esprit de satisfaction et de convivialité des participants pour cette initiative de l’OMA.

       


                                       Photo de famille à la fin de la cérémonie

      L’OMA tient à remercier tous les ministères, les entreprises privées et publiques du transport, les opérateurs de la maintenance, les communautés digitales qui ont participé à cette activité et, particulièrement la presse pour la couverture médiatique de l’activité avec la RTI1 qui a fait un reportage sur cet événement lors du journal télévisé de 20h du samedi 23 décembre 2017. Le rdv est pris fin en mars 2018 pour la deuxième table ronde de l’OMA.

       

       

       

       

       

       

       

       

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