4 Replies Latest reply on Jan 17, 2018 2:32 PM by Kouamé Serge KOUAKOU

    Interview : La start-up du transport « AFRICAB » donne sa vision de la mobilité en Afrique

    David Aurelie KOUASSI

      A l'heure actuelle où Uber conquiert des marchés de l'Afrique du Sud à l'Egypte, une petite compagnie de taxis high-tech s'impose peu à peu à Abidjan avec un concept qui détonne sur ce continent: des courses au prix fixé à l'avance, dans des taxis tout confort conduits par des chauffeurs salariés travaillant à des horaires cadrés.

      «Africab, c'est la nouvelle façon de se déplacer (...), en toute sécurité et en connaissant en avance le prix de sa course", lance Vangsy Goma, le PDG et Fondateur de cette start-up lancée en février 2016.

      Aujourd’hui l’OMA, vous donne plus de visibilité sur cette start-up en matière de transport urbain qui gagne de plus en plus le cœur de la population Abidjanaise. Pour ce faire, nous vous proposons l’interview de l’OMA avec Monsieur  Mathieu Lemaire, Sales Manager de cette start-up.

          M. Mathieu LEMAIRE, Sales Manager Africab

      1. Bonjour Monsieur, veuillez nous présenter en quelques mots votre Start-up AFRICAB ?

      Africab est une société de transport privé créée en 2015 avec le début des activités en 2016. M. Vangsy Goma, fondateur de la start-up, ayant remarqué des réels besoins en matière de transport urbain à Abidjan lié au déficit de l’offre des taxis, Africab s’est inscrit dans cette vision, pour proposer des solutions de transport adaptées aux besoins de la classe moyenne émergente, aisée, à nos citoyens ivoiriens avides de nouveautés et de plus en plus exigeant mais aussi les touristes (business) en Côte d’Ivoire.

       

      2. Quelles sont les tendances observées dans ce secteur du transport urbain ?

      Il faut dire que le domaine du transport urbain est très concurrentiel en Côte d’Ivoire, particulièrement à Abidjan, avec les nouveaux taxis qui inondent la ville, dans ce contexte, Africab a un grand challenge à relever. Chez nous, nous constatons une constante évolution du nombre d’utilisateurs, du nombre de téléchargements de notre application mobile et des retours d’expériences clients positifs. Les tendances sont donc positives.

       

      3.Que propose AFRICAB en termes d’innovation ?

      Africab offre une solution digitale qui garantit la sécurité des clients car les véhicules sont géolocalisés. Il faut souligner que cette pratique n’est pas une innovation propre à Africab car d’autres entreprises utilisent des applications. Les innovations propres à Africab sont : 1) L’offre Entreprise ; 2) La formation de chauffeurs ; 3) La capacité d’adaptation. L’« offre corporate » donne la possibilité aux entreprises de se « dédouaner » complètement de leur besoins logistique de transport pour pouvoir s’appuyer et externaliser ces besoins auprès d’une société qui est spécialisée et professionnelle dans ce domaine. Actuellement, Africab travaille avec 200 entreprises en Côte d’Ivoire (Hôtellerie : Groupe Accor – Wafou – Seen – Tiama … BTP : LafargeHolcim – PFO – AMBTP … mais aussi Orange CI, Unilever, Ocean Ogilvy / Orrick …).Dans un second temps, la formation professionnelle des chauffeurs Africab permet de garantir une qualité de service, une expérience cliente réussie. Une formation d’un mois accentuée sur les principes de la société qui sont les 3C’s (Conduite-Courtoisie-Communication). Enfin, la capacité d’adaptation de la société à son environnement. Par cela nous entendons : réactivité et professionnalisme, savoir répondre à la demande rapidement et de façon personnalisée/adaptée.

      Il faut aussi ajouter qu’il y a deux types de gamme au sein d’Africab. La gamme « Black-Cab » qui est accessible à la classe moyenne avec des véhicules Toyota (yaris, Avanza) et Peugeot 301 et après la gamme VIP ou « Presti-Cab » avec les Peugeot 508. Aujourd’hui, nous venons d’acquérir un véhicule de la gamme « maxi-Cab » qui sont des véhicules VIP de grandes capacités 6 voire 7 places.

       

      4. Au regard de la création de plus en plus importante d’entreprises de transport urbain et le lancement dernier de nouveaux types de transports dits de dernière génération sous la tutelle du Ministre du Transport, vos innovations sont-elles suffisantes ou entrevoyez-vous d’autres innovations pour faire face à la forte concurrence qui se précise ?

      Comme mentionné précédemment, le domaine du transport est très concurrentiel ce qui nous rassure car le besoin est donc bel et bien présent. Ceci étant, le marché ivoirien est disposé à accueillir ces différentes sociétés. Pour notre part, nous continuerons de faire ce que nous savons faire et nous mènerons à bien ces différentes missions : Recherche de nouveaux adhérents, améliorer (aller plus loin au niveau de la formation de nos chauffeurs et enfin personnaliser notre service, l’adapter à l’image de son client et à son environnement.

       

      5. Quel est le nombre de véhicules du parc auto d’Africab ? Comment faites-vous la maintenance de vos véhicules (garage, personnel, fréquence, service pneumatique, etc.)?

      Notre flotte comprend 140 véhicules. Nous travaillons avec nos concessionnaires qui nous garantissent la bonne tenue du matériel acheté/mis à notre disposition. Etant donné que les véhicules d’Africab sont des véhicules neufs acquis auprès de concessionnaire, nous disposons d’une garantie de maintenance. Notre service logistique a pour devoir de contrôler l’effectivité auprès de nos fournisseur. Cependant, la vision à moyen et long terme d’Africab est d’acquérir son propre service de maintenance interne car nous voulons maitriser cet aspect à long terme. Il faut dire que nous n’avons pas d’exclusivité présentement avec un concessionnaire donc en termes d’achat de véhicule et de pneumatique, nous avons la latitude de décider.

       

      6. Quelles sont les grandes difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

      Les difficultés sont perçues à deux niveaux en interne et externe.

      • D’abord la difficulté externe, c’est un souci d’ordre technique, tel que la connexion internet car nous sommes dans le digital et il peut arriver que nous ayons des problèmes de connexion donc nous passons du digital au manuel : la communication/collaboration avec nos véhicules devient dès lors compliquée, ce qui constitue un  « challenge » pour la société. Pour cela, nous travaillons étroitement avec nos fournisseurs pour être prévenu en avance afin de prendre des dispositions.

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      • Au niveau interne, le gros défi d’Africab est la formation de nos chauffeurs pour ne pas dire la qualité des chauffeurs. Nous avons des difficultés à former nos chauffeurs assez rapidement. Nous prévoyons 30 jours pour la formation et après quoi ils sont jugés aptes à la conduite et à débuter chez Africab. Cependant, ceux-ci peuvent prendre quelques fois de mauvaises habitudes en ne prenant pas compte des pré requis de la société. Nous remarquons que cela nous ralentit, ainsi nous faisons donc la formation continue et spéciale/adaptée à la lacune détectée.                                                                                                                                                                                                                                                                      7.Quels sont vos projets dans les court, moyen et long termes ?

      Africab fait actuellement en moyenne 400 courses par jour soit 700 personnes par jour transportées à Abidjan. Nous envisageons donc à court et moyen termes la maturité de la start-up en Côte d’Ivoire afin de la déployer sur toute l’étendue du territoire ivoirien (Yamoussoukro, Bouaké, San Pedro …) et après étendre le projet dans la sous-région. Nous sommes déjà au Bénin et au Togo et nous comptons nous installer au Sénégal, au Cameroun, au Ghana et bien d’autres. A long terme,  Africab a la volonté de devenir un projet panafricain.

      8. Comment entrevoyez-vous l’avenir du secteur de la mobilité urbaine dans 10 ans, 15 ans ?

      De façon générale en Afrique, nous aurons des évolutions fortes en termes de géolocalisation dans la mobilité. Au niveau du transport, nous auront un service de transport connecté et intelligent bien sûr. C'est-à-dire, plus de digital avec des véhicules électroniques. Africab pourra mettre en place par exemple des services de partage d’application et d’information ou encore des expériences propre des clients à travers le digital.

       

      9. Quel est le regard d’Africab sur le transport « vert » en Afrique ?

      Nous y pensons mais, nous travaillons avec des fournisseurs qui ne proposent pas ce type de véhicules en Côte d’Ivoire à cause du manque d’installation, des services de maintenance de ce type d’engins. Je crois qu’Africab saura s’y mettre au moment opportun car nous avons tous intérêt à développer un transport respectueux de l’environnement.

       

      10. L’OMA soutient cette idée : « La mobilité est un enjeu fort du développement de l'Afrique aujourd'hui. » Qu’en pensez-vous ?

      Le transport est un besoin quotidien et récurrent et un facteur très important dans le développement des villes. Par exemple, pour que des villes comme Bouaké et Yamoussoukro se développent, il va falloir une fluidité du transport entre les villes et une interconnexion entre les villes. Donc nous soutenons l’idée de l’OMA à 100%.

       

      11.   Votre mot de fin M. Mathieu LEMAIRE ?

      Nous sommes très enthousiastes pour le développement de notre start-up en Côte d’Ivoire et nous souhaitons toujours avoir la constante collaboration et les appuis nécessaires des institutions en Côte d’Ivoire pour nous permettre de proposer davantage de solutions intéressantes à nos clients de façon générale et de toujours soutenir les entrepreneurs qui avons l’envie de faire évoluer le secteur du transport en Côte d’Ivoire.

       

      L'OMA dit merci à Africab, pour cette interview et pour leur présence lors de la 1ère table ronde de l'OMA du 21 décembre 2017. Très bonne année à tous, Acteurs de la mobilité!!!!

       

      Pour plus d'informations sur la start-up:

      laurence UllmannKouamé Sylvestre KOUASSImarie-pascale bayeKOUASSI BENJAMIN LAURENT DIBYKouamé Serge KOUAKOUrhode francescaline kouassiJerry Rawlings MbabaliJoseph SemujuGuy Maurel KonanYao Guy Pacôme AdingraYao SAGNARamatou YEOHKouamé Julien KOUASSIDAVID RUTH KOUASSIKouassi Jacques Florentin KOUAMESiaka Ouattara KrapaPASCAL N'ZUEKouakou Camille GOLIYao mathias Loukouyao marius yaNoel TOUKPOKouakou Noel KouameElisé ZAMBLEbill sakoMonné Marie Nadège GONDOAMANI KEVIN KOUAKOUIbrahim DiawaraAmel Ould Amer