3 Replies Latest reply on Jul 27, 2018 12:03 AM by Kouamé Serge KOUAKOU

    L’Afrique de l’ouest face à l’importation des carburants toxiques

    David Aurelie KOUASSI

      According to an official report released Monday, July 9, 2018, the Inspectorate for the Human Environment and Transport of the Netherlands notes that "the fuels destined for West Africa are mixed with chemicals very dangerous to public health. With a sulfur content between 200 and 1,000 times higher than European standards, these hydrocarbons, works of a dozen giants of oil brokerage come from the ports of Amsterdam and Rotterdam plus Antwerp, Belgium. But things are changing in West Africa under the auspices of the United Nations Environment Program (UNEP) although the situation varies from country to country, depending on lobbies' pressures oil price and the risk of rising prices of imported fuels which would be passed on to the consumer.

      Selon un rapport officiel rendu public le lundi 9 juillet 2018, l’Inspection pour l’Environnement Humain et les Transports des Pays-Bas note que « les carburants destinés à l’Afrique de l’Ouest sont mélangés à des substances chimiques très dangereuses pour la santé publique telles que le manganèse et le benzène, hautement cancérigènes, ainsi que d’autres produits pétrochimiques interdits dans la majeure partie du monde. Avec une teneur en soufre compris entre 200 et 1 000 fois supérieure aux normes européennes, ces hydrocarbures sont l’œuvre d’une dizaine de géants du courtage pétrolier tels que les suisses Vitol et Gunvor, l’anglo-suisse Glencore ou encore Trafigura, et leurs filiales chargées des activités « aval » (raffinage, distribution, commerce) ainsi que de grandes compagnies pétrolières citées parmi les principaux acteurs de la chaîne aux Pays-Bas. Il faut souligner que près de 50 % des produits pétroliers exportés vers l’Afrique de l’Ouest partent des ports d’Amsterdam et de Rotterdam auxquels s’ajoute Anvers, en Belgique, selon les Nations unies (ONU). Les mélanges toxiques s’effectuent donc dans ces terminaux dotés de raffineries. Parfois même, par souci de discrétion, ces opérations sont réalisées en pleine mer, à quelques miles des côtes africaines et des mégapoles hyper polluées où se concentrent une partie des 7 millions de personnes qui meurent chaque année à la suite de pathologies provoquées par la pollution d’un air trop chargé en particules fines, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. C’est le cas de Lagos et Dakar qui affichent des taux de particules fines supérieurs à ceux des villes d’Asie les plus polluées de la planète.

      Mais les choses sont en train de changer en Afrique de l’Ouest sous l'égide du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Si la situation varie d’un pays à l’autre, en fonction des pressions des lobbys pétroliers et des risques de hausse des prix des carburants à l’importation qui se répercuterait sur le consommateur, le Ghana, depuis le 1er juillet 2017, a décidé de n’importer que des carburants à faible teneur en soufre (maximum 50 ppm contre 3 000 ppm auparavant). Pour ce qui est de sa raffinerie nationale, Accra se donne jusqu’à 2020 pour se conformer au nouveau standard.

      Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Togo se sont aussi engagés à réduire drastiquement les limites de teneur en soufre des carburants autorisées et à mettre aux normes leurs vieilles raffineries en juillet 2017. Mais aucun n’y est parvenu à temps. Cependant, le Nigeria, géant pétrolier africain et premier importateur de carburants de la sous-région, devrait aller dans le sens du Ghana. Les raffineries ont jusqu’en 2021 pour s’adapter à la nouvelle limitation qui vient de passer de 3 000 ppm à 150 ppm pour le diesel, et sera appliquée en octobre 2019 pour l’essence, comme l’a annoncé Anibor O. Kragha, le patron des raffineries au sein dela Compagnie pétrolière nationale du Nigeria (NNPC).

      Ces reformes vont coûter chers à ces différents pays. Au Nigéria, « Le premier virage vers une essence plus propre devrait coûter 11,7 millions de dollars [10 millions d’euros] par mois. La réduction [du soufre] dans le diesel devrait coûter 2,8 millions de dollars par mois », a indiqué M Anibor Kragha. Cependant, les Etats semblent déterminés à se débarrasser des carburants toxiques jusque-là exportés par les géants du négoce pétrolier et à faire oublier la sordide « qualité africaine ».

      https://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2018/07/12/des-geants-du-petrole-livrent-de-l-essence-toxique-a-l-afrique-de-l-ouest_5330121_3244.html?xtmc=la_livraison_de_carburants_toxiques&xtcr=1

       

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